C'est cet appareil commercial de la compagnie Skyjet qui est entré en collision avec un drone. Il s'agirait du premier accident du genre au Canada mais, heureusement, l'appareil, qui a subi des dommages mineurs, a pu se poser à sans problème à l'aéroport Jean-Lesage.

Collision entre un avion et un drone: une première qui inquiète

MONTRÉAL — Le ministre fédéral des Transports se dit «extrêmement soulagé» qu’une collision entre un drone et un avion commercial — une première au Canada — n’ait pas causé de dommage important à l’appareil. L’avion a pu se poser sans problème à l’aéroport Jean-Lesage à Québec, jeudi dernier.

Le ministre Marc Garneau a annoncé dimanche matin dans un communiqué qu’un accident était survenu entre un appareil commercial de la compagnie Skyjet et un drone, ces aéronefs sans pilote qui sont contrôlés à distance.

Selon le ministre, il s’agirait du premier accident du genre au Canada.

M. Garneau dit suivre la situation de près et être en contact avec tous les intervenants impliqués, dont le Service de police de Québec et le Bureau de la sécurité des transports (BST), qui n’a pas encore annoncé s’il allait ouvrir une enquête.

Chris Krepski, porte-parole au BST, a affirmé que le BST évaluait en ce moment la situation et qu’il déterminerait dans les prochains jours s’il enquêtera sur l’incident.

Selon les nouvelles règles de Transports Canada, l’usage d’un drone à des fins de loisirs est interdit dans un rayon de moins de 5,5 kilomètres autour de tout aéroport et à plus de 300 pieds au-dessus du niveau du sol (environ 90 mètres).

Mathieu Claise, de l’aéroport Jean-Lesage, a relaté que l’accident était survenu vers 17h55, jeudi. L’avion impliqué était un appareil de type King Air, de la compagnie SkyJet, qui était en provenance de Rouyn-Noranda. Il transportait huit personnes, dont deux membres de l’équipage.

L’avion était alors à trois kilomètres de l’aéroport, à environ 1500 pieds (457 kilomètres) au-dessus de l’autoroute Laurentienne, lorsqu’il a été percuté par un drone à l’aile droite.

L’avion a pris contact avec l’aéroport et il a pu atterrir sans problème. Lorsqu’il a été informé, l’aéroport a immédiatement mis en place ses mesures d’urgence et informé Transports Canada, ainsi que le 9-1-1, a précisé M. Claise, qui n’a pas pu s’avancer sur l’ampleur des dommages ou l’état de santé des personnes à bord l’avion.

Selon le ministre Garneau, l’appareil a subi des «dommages mineurs».

Contrevenir aux règles de Transports Canada est une «infraction grave» et toute personne qui enfreint la réglementation pourrait se voir imposer une amende de 25 000 $ et même une peine d’emprisonnement, a rappelé le ministre Garneau.

LES PROPRIÉTAIRES DE DRONES EXHORTÉS À S'INFORMER

Le ministre fédéral des Transports exhorte les propriétaires de drone à s’informer des règles encadrant ces petits appareils sans pilote après que l’un d’eux est entré en collision avec un avion commercial à Québec, jeudi dernier, ce qui serait une première au Canada.

Le ministre Garneau a incité les propriétaires de drone à s’informer des règlements en place parce que s’ils se font pincer à violer la loi, ils pourraient se voir imposer une amende salée et même une peine de prison — qu’ils soient au courant des règles, ou non.

Le ministre des Transports Marc Garneau a rappelé dimanche que les propriétaires de drones qui se feront prendre à violer la loi pourrait se voir imposer une amende salée, voire une peine de prison.

Selon les règles intérimaires adoptées par Transports Canada, l’usage d’un drone à des fins de loisirs est interdit dans un rayon de moins de 5,5 kilomètres autour de tout aéroport et à plus de 300 pieds au-dessus du niveau du sol (environ 90 mètres).

«Il ne faut pas utiliser son drone dans les nuages et il ne faut pas le perdre de vue», a résumé M. Garneau.

Règles finales en 2018

Des règles finales seront présentées au début de l’année 2018, et elles seront beaucoup plus contraignantes : il y aura un âge minimum pour utiliser ces appareils et ses propriétaires devront passer un test afin de s’assurer qu’ils comprennent toutes les implications de cette activité. Il sera également obligatoire d’identifier son drone.

Dans le cas de l’accident de jeudi dernier, le drone n’a pas encore été retrouvé et le propriétaire n’a pas été localisé. Comme il n’est pas encore obligatoire d’identifier l’appareil, il se peut qu’il soit impossible de retracer le propriétaire, a admis le ministre.

«On espère toujours pouvoir trouver la personne. Mais de temps en temps, quand des crimes sont commis, même avec toutes les mesures nécessaires qu’on met en place, ce n’est pas possible retrouver la personne, a-t-il indiqué. On fait tout ce qu’on peut pour maximiser les chances de retrouver la personne.»  La Presse canadienne