D'autres retards dans la collecte des matières résiduelles sont survenus récemment à Gatineau. 
D'autres retards dans la collecte des matières résiduelles sont survenus récemment à Gatineau. 

Collecte des déchets: la COVID est la meilleure excuse à date, dit Tessier

«Je comprends Daniel Champagne. Je comprends qu’il soit à bout et que des citoyens soient exaspérés. Mais de toutes les excuses possibles, de tous les retards qu’on a connus depuis le début avec Derichebourg, je dirais que cette fois, ce sont les retards les plus justifiables.»

Le président du comité exécutif, Cédric Tessier, avait décidé d’attendre au lendemain avant de réagir à la sortie publique du président du conseil, mardi, qui a affirmé de manière tranchante qu’il en avait plus qu’assez des excuses pour expliquer les retards dans la collecte des matières résiduelles. Pour lui, il est temps pour Gatineau de faire respecter son contrat.

«J’aimerais ça, aujourd’hui, pouvoir dire que c’est tolérance zéro, qu’on donne des amendes à chaque fois qu’il y a un retard, a lancé M. Tessier. Mais la réalité, c’est que ça coûte moins cher à la compagnie de payer nos amendes que de faire venir des équipes de Montréal et payer des employés en temps supplémentaire pour terminer la collecte la fin de semaine. La tolérance zéro n’est pas une alternative acceptable. Je comprends que les gens peuvent être frustrés par les retards, mais je peux vous confirmer sans hésitation que les gens seront beaucoup plus frustrés si Derichebourg décide de payer une amende et d’annuler la collecte.»

Le président du comité exécutif de la Ville de Gatineau, Cédric Tessier

Aux tempêtes de neige, aux inondations, aux vacances d’été, à la pénurie de personnel et à la quantité d’encombrants plus importante que prévu lors des collectes spéciales se joint maintenant la COVID-19 au rang des excuses. M. Tessier explique que l’entreprise a perdu des employés en raison de la maladie, ou à cause de la peur de la contracter, mais aussi parce que la Prestation d’urgence du Canada (PCU) est plus payante que les conditions salariales offertes par Derichebourg.


« C’est lors du prochain contrat que les choses devront être réglées. »
Cédric Tessier

«Il y a en plus une augmentation du tonnage entre avril 2020 et avril 2019 qui varie entre 30 % et 50 % selon les matières, dit-il. C’est du jamais vu. Le tonnage de résidus verts et de résidus de construction atteint des records historiques. Tout le monde [confiné] a décidé de ramasser des feuilles en même temps. La meilleure des compagnies n’aurait pas été capable de fournir à la demande.»

Solutions
Cédric Tessier avertit la population qu’elle doit s’attendre à d’autres retards et que les solutions pour remédier à la situation sont peu nombreuses. «Une chose qui pourrait aider, parce que la quantité de résidus verts est carrément impossible à gérer actuellement, c’est, si possible, que les citoyens ne mettent pas tous leurs sacs de résidus verts en même temps à la rue. Il y a des endroits où on peut compter une dizaine de sacs.»

Au-delà de ça, dit-il, c’est lors du prochain contrat que les choses devront être réglées. Gatineau aura l’occasion de prolonger ce contrat à la fin de l’année, ou d’y mettre fin en lançant un nouvel appel d’offres. «Il n’y a aucune garantie qu’on va renouveler ce contrat pour une autre année et il n’y a aucune garantie qu’on ne le renouvellera pas. Pour l’instant, c’est prématuré de dire ce qu’on fera en décembre.»

La candidate pressentie à la mairie en 2021, Louise Boudrias, reconnaît que la situation est complexe et que la liste des solutions est bien mince. «Mais il faut cesser d’aller d’une excuse à l’autre, dit-elle. Il faut se rappeler que ce n’était pas mieux avant la COVID et comme Ville on se doit de faire respecter notre contrat.»

Mme Boudrias propose d’évaluer la possibilité de mettre un certain nombre de cols bleus à la tâche, en priorité ceux dont le travail est impossible en raison de la pandémie, afin de prêter main-forte, notamment pour la collecte des encombrants. «Si cela a été évalué et que nous ne le faisons pas, est-ce qu’on pourrait au moins savoir pourquoi ce n’est pas possible», demande-t-elle.