Audréane Caouette
Audréane Caouette

Coincés au Pérou, ils passent 15 jours avec des denrées non périssables

Justine Mercier
Justine Mercier
Le Droit
S’alimenter à partir de denrées non périssables, sans pouvoir sortir d’une auberge de jeunesse péruvienne, pour « au minimum » 15 jours. Voilà ce à quoi est confrontée la Québécoise Audréane Caouette, qui ignore encore comment — et surtout quand — elle pourra rentrer au Canada avec son copain.

Originaire de Gatineau et maintenant établie à Montréal, Audréane Caouette, 20 ans, voyage avec son copain Gabriel depuis la fin janvier. Au Pérou depuis le début mars, ils n’auraient jamais cru se retrouver coincés sur place. Ils devaient partir de Lima, la capitale, à la mi-avril. En voyant la crise du nouveau coronavirus prendre de l’ampleur à grande vitesse, ils ont tenté de revenir au Canada. « On s’était pris un vol pour la nuit de mardi à mercredi, mais l’aéroport a fermé sans vraiment d’avertissement », a-t-elle raconté en entrevue avec Le Droit via Messenger, mercredi matin.

Comme la population locale, les voyageurs doivent se conformer à une interdiction de circuler dans les rues. Une personne par immeuble à la fois est autorisée à aller à l’épicerie.

Audréane Caouette et son copain sont donc confinés à leur dortoir de douze personnes sur leur étage d’une auberge de jeunesse. Les aires communes de cette auberge de 13 étages sont inaccessibles. Les 12 colocataires se partagent une toilette et deux douches.

Audréane Caouette et son copain sont confinés à leur dortoir de douze personnes sur leur étage d’une auberge de jeunesse.

« C’est la première journée que le confinement prend forme, donc [mercredi] on est allé se faire des réserves, on a acheté quelques conserves de thon, et peu de pain et un peu de confiture parce qu’on peut juste manger des denrées non périssables, on n’a pas accès à un réfrigérateur ni à une cuisine. »

L’incertitude est aussi omniprésente. « Ce qui m’inquiète le plus, c’est le fait que l’armée a mis l’auberge de jeunesse sous surveillance, donc s’ils voient qu’une des mesures de sécurité n’est pas respectée, ils peuvent fermer l’auberge et nous mettre tous à la rue du jour au lendemain, raconte la jeune femme. C’est surtout ce scénario-là qui m’empêche un peu de dormir le soir. »

Un article paru dans un média péruvien indiquait que le gouvernement est prêt à ce que des ressortissants étrangers partent pour rentrer chez eux, malgré la fermeture des frontières. « Ça donne un peu d’espoir », laisse tomber Audréane Caouette.

Quelque 1100 kilomètres plus loin, l’ancienne journaliste du Droit Catherine Morasse est elle aussi coincée au Pérou, dans la ville de Cuzco. Sa mère, Danielle Morasse, était venue la rejoindre jeudi de la semaine dernière pour effectuer cinq jours de randonnée en montagne.

L'ancienne journaliste du Droit, Catherine Morasse, et sa mère Danielle, sont coincées dans la ville de Cuzco, au Pérou. 

Elles étaient déjà parties pour l’aventure lorsque quelqu’un s’est pointé pour avertir le groupe de randonneurs que tout se bousculait en raison de la COVID-19, que tout allait fermer dans le pays.

De retour à Cuzco, la mère et la fille ont pu dénicher une maison sur Airbnb, où elles se sont installées avec neuf autres voyageurs internationaux qui effectuaient aussi de la randonnée. « On n’a aucune idée de ce qui va se passer, raconte Catherine Morasse. Après 15 jours, est-ce qu’on va pouvoir retourner au Canada ? »

La jeune femme souhaitait initialement poursuivre son périple autour du monde entamé en septembre dernier en se rendant au Chili et en Argentine, avant de rentrer au Québec à l’été. Danielle Morasse devait pour sa part revenir à Gatineau dimanche. Les deux veulent maintenant rentrer au pays dès que possible.

Dans un message envoyé à ses ressortissants se trouvant au Pérou, le gouvernement canadien signale que les frontières péruviennes sont fermées et que « le transport national et international de passagers est suspendu par voie aérienne, terrestre, fluviale et maritime ». La quarantaine est obligatoire pour 15 jours en raison de l’état d’urgence décrété en sol péruvien.

L’ambassade du Canada au Pérou a indiqué sur Twitter, mercredi en début de soirée, que « le Gouvernement canadien a confirmé que des discussions sont en cours avec les principaux transporteurs canadiens pour faciliter le retour au Canada des voyageurs internationaux ».