Le groupe de Gatinois est coincé dans un hôtel du Maroc.

Coincés au Maroc: on ne veut pas tomber malade ici !

CHRONIQUE / En pleine pandémie, huit Gatinois se retrouvent coincés dans un hôtel du Maroc, sans espoir de revenir au Canada de sitôt.

Le groupe d’amis de Guy Pouliotte s’est envolé pour le Maroc le 4 mars dernier. Après une excursion dans le sud du pays, ils devaient poursuivre leur périple en Espagne à compter du 13 mars.

C’est la journée qu’a choisi le Maroc pour interdire les vols vers l’Europe où le coronavirus gagnait du terrain.

Depuis, ils sont coincés dans un centre de villégiature d’Agadir, sur la côte atlantique du pays.

En fait, il ne reste plus qu’eux dans l’hôtel de la chaîne Iberostar. Huit petits Québécois dans un grand hôtel de 470 chambres…

« C’est désert ici. Dans notre hôtel, tout le monde a été rapatrié. Les Belges, les Allemands, les Britanniques… Nous sommes vraiment les derniers occupants. L’hôtel voulait nous mettre à la porte dès aujourd’hui. Mais on les a convaincus d’attendre au moins à demain », résume M. Pouliotte, via Facetime.

Guy Pouliotte et son épouse Jeannine ont discuté avec notre chroniqueur via Skype.

Le Gatinois ne se fait pas à l’idée qu’il pourrait contracter le coronavirus dans un pays étranger, à 5800 km de chez lui. 

Malgré les efforts de leur agence de voyages, le groupe d’amis n’arrive pas à trouver un vol commercial vers le Canada. Ils sont à court de solutions. Et le temps joue contre eux.

« À compter de dimanche, le Maroc ne permettra plus aux avions internationaux de rapatrier des gens. Notre seul espoir, c’est que le Canada nolise un avion d’ici là pour ramener au pays ses ressortissants au Maroc », résume Guy Pouliotte.

Jeudi, le premier ministre Trudeau a promis d’aider, sans les juger, tous les Canadiens coincés à l’étranger. Ces bons mots ne rassurent toutefois pas les Gatinois. Ils ont plutôt l’impression d’être laissés à eux-mêmes par le gouvernement fédéral. Au moment de l’entrevue, leurs communications avec l’ambassade se résumaient à des messages enregistrés et des courriels préformatés.

« Je n’ai jamais rien vécu de pareil, s’insurge son épouse Jeannine Côté-Pouliotte, une agente de voyage. Je croyais vraiment que les ambassades étaient là pour aider les Canadiens à l’étranger. Mais tout est informatisé. On n’a aucun contact humain, aucune aide. C’est difficile à accepter… »

Ils ont toutefois de bons mots pour le député fédéral de Gatineau, Steven MacKinnon. Jusqu’à maintenant, c’est le seul qui leur a donné un suivi personnalisé. « Ce que je peux dire, a dit le député MacKinnon au Droit, c’est que le ministre des Affaires mondiales est bien au fait de leur situation et que des discussions de très haut niveau ont lieu actuellement entre le Canada et le Maroc. »

Est-il question de noliser un avion? « Il n’y a pas de plans en ce sens-là à l’heure actuelle, tempère le député MacKinnon. On demande plutôt aux gens de sortir du pays par leurs propres moyens, de se diriger vers un pays qui a encore des vols vers le Canada comme la Turquie, Paris, Londres… »

« On nous dit de trouver un vol, mais il n’y a pas de vol, soupire Guy Pouliotte. Et dimanche, il n’y plus rien qui rentre, plus rien qui sort du Maroc. Notre grosse crainte, c’est que si nous ne sommes pas sortis dimanche, on est pris ici jusqu’en avril, mai. Même si on est bien assurés, on ne veut pas tomber malades ici… »

DERNIÈRE HEURE: nous apprenions en soirée, jeudi, que les Gatinois avaient pris la route de Casablanca, sur les conseils de leur grossiste, dans l’espoir d’être rapatriés.