Clotilde Bérubé revient à la charge

Louis-Denis Ebacher
Louis-Denis Ebacher
Le Droit
Une joueuse pathologique qui a tout perdu revient à la charge contre Loto-Québec avec une poursuite de 10 millions $. 
 
Selon elle, Loto-Québec profite des gens vulnérables pour s'enrichir.
"Quelqu'un m'aurait dit il y a 10 ans : 'c'est votre décision de gager vos propriétés, pas celle de Loto-Québec', j'aurais été d'accord. Sauf que ce système-là rend les gens esclaves. J'étais dépressive et croyais que de miser était inoffensif."
Elle est certaine que Loto-Québec peut reconnaître les gens malades dans ses établissements et que la société d'État profite de la situation.
"Ils sont faciles à reconnaître, les malades. Allez au casino à 15 h. Retournez-y à 1 h du matin. Ce sont eux, ceux qui sont toujours au même endroit, qui sont malades. Regardez qui attend en ligne pour entrer à 11 h du matin, lors de l'ouverture. Ce sont eux aussi."
Mme Bérubé a expliqué au Droit que la poursuite de 10 millions $ prend en compte deux millions $ en dommages et intérêts, deux millions $ en pertes financières, deux millions en dommages exemplaires, deux millions $ pour la perte de ses propriétés, "et un autre deux millions $ parce que le marché immobilier a doublé au cours des dernières années".
La femme se présentera devant le palais de justice de Montréal ce matin pour faire connaître sa cause aux passants.
Elle doit se présenter devant le juge demain matin mais elle craint que la justice ne remplisse pas adéquatement sa tâche.
"À chaque fois, on évoque des procédures préliminaires pour me débouter. J'espère que je vais avoir un jugement juste, mardi (demain)", a affirmé Me Bérubé.
Dans le passé, Me Bérubé a tenté de faire fermer les casinos, cause qui n'a pas été jugée recevable devant le juge.
Elle tentera cette semaine de faire valider sa réinscription pour défaut de plaider contre Loto-Québec et Alain Cousineau, président et chef de la direction de la société d'État.
Affaire louable pour Clennett
Cette affaire est louable pour l'activiste pour Bill Clennett, qui a longtemps lutté pour l'obtention de documents relatifs au suicide dû au jeu compulsif dans les casinos.
"Le gouvernement a fini par comprendre qu'il y avait des problèmes avec la cigarette et a exigé beaucoup plus des compagnies de tabac. Le gouvernement a ses responsabilités envers la santé des gens. Il n'y a pas assez de mesures pour limiter les dégâts, dans le cas des casinos et du jeu compulsif", mentionne-t-il.