Pas toujours facile d'élever ses enfants en français quand l'un des parents ne comprend pas cette langue, encore plus lorsqu'on habite en milieu minoritaire.
Pas toujours facile d'élever ses enfants en français quand l'un des parents ne comprend pas cette langue, encore plus lorsqu'on habite en milieu minoritaire.

Choisir de transmettre le français

Philippe Orfali
Philippe Orfali
Le Droit
Avec un peu d'efforts et de bonne volonté, la transmission du français aux rejetons d'un couple mixte peut être un jeu d'enfant, assure Kristine Gavrel-McKeague, elle-même mère d'enfants «exo» issue d'une famille «exo».
Pas toujours facile d'élever ses enfants en français quand l'un des parents ne comprend pas cette langue, encore plus lorsqu'on habite en milieu minoritaire. C'est pourtant la réalité de dizaines de milliers de familles franco-ontariennes.
Kristine Gavrel-McKeague en sait quelque chose. Élevée dans les deux langues, dans une famille où la mère était anglophone et le père francophone, la résidente de l'ouest d'Ottawa a insisté pour que ses enfants soient élevés en français lorsqu'il est venu le temps de fonder sa propre famille.
«J'ai été éduquée en français, et grâce à cela, j'ai eu plus d'opportunités pour mon éducation et ma carrière. Je voulais la même chose pour mes enfants», explique la Franco-Ontarienne, mère de quatre enfants, mariée à un Britannique.
Mathéo, sept ans, et ses trois frères et soeur fréquentent donc l'école de langue française. Un choix qui n'est pas sans répercussions sur la dynamique familiale. «Le français de mon mari est extrêmement limité. Alors il est moins impliqué dans l'éducation de nos enfants. Il peut faire la dictée, mais ne peut pas, par exemple, lire les instructions d'un devoir», dit-elle, soulignant l'importance pour les écoles de mettre en place des ressources adaptées aux besoins des parents anglophones.
D'importants défis à relever
L'école et les parents ne sont pas les seuls à devoir mettre la main à la pâte, affirme-t-elle. «La réalité de l'exogamie, c'est que l'anglais est partout autour de nous. Tout le parascolaire, toutes les activités sportives, etc., la vie à l'extérieur de l'école, ça se fait en anglais. Il faut que davantage soit fait, pour que le français ne soit pas seulement la langue de l'école.»
«Il y a des défis importants: pour l'enfant, il y a un risque d'associer 'plaisant' avec anglais et 'ennuyeux' avec français. L'école ne peut pas tout faire, il faut vraiment que les parents soient impliqués», souligne-t-elle.