L’interdiction des pitbulls ne semble pas assurée, surtout que le ministre Martin Coiteux a laissé planer un certain doute avant le début des consultations.

Chiens dangereux: l'opposition hésite

L’hésitation est palpable chez les partis d’opposition sur la question de l’encadrement des chiens dangereux. Les auditions publiques maintenant terminées, le gouvernement cherchera désormais à trouver le «point de ralliement» espéré par le ministre Martin Coiteux.

Tous les partis d’opposition baignent dans l’incertitude sur certaines questions soulevées par le projet de loi. Et nul ne souhaite se commettre, pour l’instant. 

Au Parti québécois, le chef Jean-François Lisée a répété jeudi dernier qu’il s’agissait d’un «sujet délicat» et que le parti n’avait pas encore défini sa position. «Nous avons une discussion à avoir en caucus là-dessus», a dit le chef péquiste à la presse. 

«Craignez-vous que ce sujet, puisqu’il est si polarisant, pourrait vous nuire politiquement peu importe la position que le parti pourrait prendre?» demandait un journaliste à M. Lisée. Ce dernier a répondu que les politiciens sont élus pour prendre des décisions difficiles et pour trouver des points d’équilibre, sans donner plus de détails. 

Preuve que l’opposition est hésitante, la Coalition avenir Québec dit aussi vouloir attendre avec de prendre position. «Nous prenons acte des consultations. Nous croyons à un meilleur encadrement. Nous voulons en discuter en caucus», a commenté la deuxième opposition officielle vendredi.

En début de semaine, le ministre de la Sécurité publique Martin Coiteux indiquait vouloir «aller de l’avant», mais nul ne pouvait dire si le projet de loi serait adopté d’ici la fin de la session parlementaire, donc avant les élections générales. 

L’interdiction des pitbulls ne semble pas assurée, surtout que le ministre a laissé planer un certain doute avant le début des consultations. «Il y a des gens qui vont aller jusque-là et il y a des gens qui vont présenter d’autres points de vue», a commenté le ministre mardi. Pourtant, l’an dernier, M Coiteux avait promis que bien qu’un droit acquis pourrait s’appliquer, son gouvernement interdirait les chiens de type pitbull et ceux provenant d’un croisement avec cette race. 

Le projet de loi 128 prévoit que les municipalités du Québec soient responsables de l’application de la loi et des règlements. Il accorde également au gouvernement le pouvoir d’interdire tout chien qui est réputé potentiellement dangereux, et oblige les vétérinaires à communiquer aux autorités tout animal qui aurait infligé des blessures à un individu. 

S’il était adopté tel quel, certains types de chiens seraient jugés potentiellement dangereux, notamment les pitbulls, les terriers américains du Staffordshire et les rottweilers.

Le ministre Coiteux n’a pas voulu commenter directement les consultations. Son attachée de presse a toutefois indiqué que le gouvernement prendrait le temps d’analyser les propos recueillis et qu’au besoin, il bonifierait le projet de loi. 

Le porte-parole de l’opposition Stéphane Bergeron a quant à lui avoué avoir été touché par le témoignage du père de la petite Vanessa Biron, qui a été sauvagement attaquée par un pitbull en 2015. Le propriétaire du chien a reçu vendredi une sentence de quatre ans de pénitencier pour négligence criminelle.