Le 19 juin dernier, un chauffeur de la STO soupçonné d’avoir conduit avec les capacités affaiblies a été arrêté par le Service de police de la Ville de Gatineau (SPVG) après avoir refusé de souffler dans l’appareil de détection approuvé.

Chauffeurs avec les capacités affaiblies: la STO sort du lot

Tandis que deux cas impliquant des chauffeurs d’autobus sont survenus depuis novembre à la Société de transport de l’Outaouais (STO), une vérification faite par Le Droit a permis d’apprendre qu’aucune arrestation pour conduite avec les capacités affaiblies n’a été recensée à OC Transpo et dans les autres transporteurs publics québécois au cours de la dernière année et demie.

Autant à la Société de transport de Montréal (STM), où œuvrent 3700 chauffeurs, qu’au Réseau de transport de la capitale, qui compte 900 chauffeurs dans ses rangs à Québec, aucun incident de la sorte n’a été répertorié en 2018 et depuis le début de l’année 2019. Idem pour OC Transpo et ses 1300 chauffeurs à Ottawa. Le scénario est le même de Laval à Trois-Rivières en passant par Longueuil, Saguenay et Sherbrooke.

Le 19 juin dernier, un chauffeur de la STO soupçonné d’avoir conduit avec les capacités affaiblies a été arrêté par le Service de police de la Ville de Gatineau (SPVG) après avoir refusé de souffler dans l’appareil de détection approuvé. Alors que le véhicule du circuit 93 roulait sur l’autoroute 50, des passagers ont contacté les autorités pour signaler la conduite erratique de l’homme. L’autobus a dû stopper sa route à la sortie du boulevard des Laurentides, où les policiers lui avaient barré la route. Les policiers ont constaté que le chauffeur présentait des symptômes de capacités affaiblies, si bien qu’ils lui ont ordonné de souffler dans l’ivressomètre, mais il a refusé d’obtempérer. Le suspect a été arrêté sur-le-champ avant d’être libéré sous promesse de comparaître. Son permis de conduire a aussi été suspendu pour une période de 90 jours.

Le 21 novembre dernier, un autre chauffeur a été arrêté pour conduite avec les facultés affaiblies à la station La Gappe du Rapibus après que des clients aient contacté le transporteur pour signaler ses agissements et sa conduite louvoyante. Une plainte de voie de fait avait aussi été déposée, car il y aurait eu altercation entre l’individu et un client. Trois semaines plus tard, l’employé a été licencié.

Silencieuse ou presque depuis les événements, la STO indique simplement que l’employé « a été retiré de ses fonctions le temps de l’enquête. »

À LIRE AUSSI: Chauffeurs arrêtés avec les facultés affaiblies: la STO fait erreur, selon un expert

>> Soupçons de conduite avec les capacités affaiblies: un chauffeur de la STO arrêté

>>> Un chauffeur de la STO arrêté pour ivresse au volant de son autobus

« Tolérance zéro »

Invitée à élaborer sur les politiques administratives auxquelles sont soumis ses 546 chauffeurs, la STO affirme qu’elle applique une politique de tolérance zéro en matière de facultés affaiblies. Même les mécaniciens sont soumis à ces règles, dit-on.

« Les employés occupant des postes à risque élevé (poste où l’erreur de l’employé peut compromettre la santé ou la sécurité de la clientèle ou du public en général) ne peuvent exercer leurs fonctions s’ils ont consommé de l’alcool ou des drogues. Plus précisément, il leur est interdit de consommer de l’alcool ou de faire usage de drogues durant leurs heures de travail, durant leurs périodes de pause ou de repas et ce quel que soit la quantité consommée », écrit la porte-parole Karine Sauvé.

De plus, si l’employeur a un motif raisonnable de croire qu’un employé a commis une infraction à la Politique relative à l’usage de drogues, d’alcool et de médicaments, il est en droit de retirer immédiatement l’employé du travail et d’exiger qu’un test de dépistage de substances soit effectué, précise la STO, qui rappelle qu’une vérification des antécédents judiciaires fait partie du processus d’embauche. Au total, 47 chauffeurs se sont joints à l’équipe depuis l’amorce de l’année.

Un tel test peut être effectué, par exemple, « lorsqu’il y a des motifs raisonnables et probables de croire que l’employé a les facultés affaiblies ou qu’il a un trouble d’utilisation de substances », ou « suite à un accident impliquant l’employé et laissant à penser que la consommation [de l’une de ses substances] est en cause ».

Déroger de cette politique peut entraîner des sanctions disciplinaires allant jusqu’au congédiement, selon les circonstances et le dossier d’employé.

Quant à la STM, on affirme que depuis 2009, le dépistage à l’embauche est obligatoire pour différents postes dont ceux liés à la conduite de véhicules avec clientèle, de véhicules lourds et de véhicules d’urgence.

Il y a aussi une vigilance pour les employés ayant des problèmes reliés à l’alcool ou la consommation de drogue. [...] Un gestionnaire ayant un motif raisonnable peut demander au service médical de prendre les dispositions pour un test immédiat de dépistage en clinique externe spécialisée », précise le porte-parole Philippe Déry.

Le président du local 591 du Syndicat uni du transport, Guy Gosselin, n’a pas voulu commenter les informations colligées par Le Droit. Il n’a toujours pas rencontré le chauffeur de 49 ans.

Le SPVG précise que le dossier soumis au Directeur des poursuites criminelles et pénales, qui permettra de déterminer si des accusations seront portées contre l’individu, est toujours sous évaluation.

La porte-parole Andrée East indique que plusieurs semaines pourraient s’écouler avant qu’il y ait du nouveau au sujet de cette situation.

+

ARRESTATIONS DANS LES SOCIÉTÉS DE TRANSPORT

  • Laval : 0
  • Longueuil : 0
  • Montréal : 0
  • Outaouais (STO) : 2
  • Ottawa (OC Transpo) : 0
  • Québec : 0
  • Saguenay : 0
  • Sherbrooke : 0
  • Trois-Rivières : 0

* Arrestations de chauffeurs pour capacités affaiblies pour les années 2018 et 2019