La ministre de la justice du Québec Stéphanie Vallée fait une annonce à la maison du tourisme.

«Chaque cas, c'est un cas de trop», dit Vallée

« Chaque cas, c’est un cas de trop. » Voilà comment la ministre responsable de la région, Stéphanie Vallée, a réagi à la compilation du Droit ayant révélé que de tous les centres de santé du Québec, c’est celui de l’Outaouais qui a été le plus souvent visé par des recommandations émises par un coroner depuis le 1er janvier 2016.

Questionnée lundi en marge d’une conférence de presse sur un dossier touristique, la ministre Vallée a indiqué avoir discuté, avec ses collègues députés de la région, du dossier publié dans nos pages le matin même.

« C’est certain que chaque cas, c’est un cas de trop, mais ceci dit, vous comprendrez aussi dans quel contexte ça s’inscrit, on doit recevoir les recommandations du coroner et s’assurer que les recommandations soient mises en oeuvre, a mentionné Mme Vallée. Au-delà de ça, vous comprendrez que dans le contexte actuel, dans le contexte du dossier de M. Maxwell, moi je ne commenterai pas davantage. »

Le rapport de la coroner Pascale Boulay sur le décès de Marc-André Maxwell, dont les conclusions ont été dévoilées par Le Droit vendredi, est le dernier des neuf cas de recommandations d’un coroner visant le Centre intégré de santé et de services sociaux de l’Outaouais (CISSSO) ayant été recensés depuis le début de l’année 2016.

« Ce sont neuf cas distincts [...] il n’y a pas nécessairement de similitudes dans chacun des cas, a affirmé Mme Vallée. Comme je vous l’ai mentionné, chaque cas est un cas de trop et c’est certain que l’objectif, c’est qu’il n’y en ait pas. »

Interrogée à savoir si elle comprenait les gens qui s’inquiètent au sein de la population, la ministre a souligné qu’il y a « des équipes qui sont dédiées au sein du CISSSO ». « Il y a toujours des améliorations à faire, mais je ne voudrais pas pour autant que cette situation amène les gens à remettre en doute la qualité des soins qui sont offerts sur le territoire de l’Outaouais », a-t-elle dit.

Alors que dans le cadre de son annonce en matière touristique, Stéphanie Vallée a souligné qu’« on a de quoi être fiers » de l’équipe de Tourisme Outaouais « qui est dynamique, qui est dévouée », elle n’a pas voulu dire si elle avait la même opinion du réseau régional de la santé. « Votre question est intimement liée au dossier de M. Maxwell », a-t-elle répondu. La mêlée de presse a immédiatement pris fin.

Le CISSSO se tait

Peu de temps après, le CISSSO a fait parvenir aux médias un communiqué mentionnant que bien que son président-directeur général, Jean Hébert, ait accordé une entrevue à la radio en matinée sur les rapports et les recommandations de coroner, il n’en ferait plus d’autres « pour des raisons légales ».

Ce communiqué a été diffusé après que Le Droit, tôt lundi matin, eut pourtant obtenu la confirmation qu’une entrevue pourrait être réalisée avec M. Hébert pendant la journée.

« Comme organisation, nous avons des défis à relever, mentionne M. Hébert dans sa seule citation du communiqué. Il est essentiel que les soins et les services que nous offrons à la population soient basés sur les meilleures pratiques en tout temps. Chacun doit assumer son rôle, et ce, peu importe la place qu’il occupe dans l’établissement. Nous devons nous améliorer, nous le devons à notre population. »

Pour une deuxième fois en moins d’une semaine, Le Droit a par ailleurs essuyé un refus à une demande d’entrevue avec le ministre de la Santé, Gaétan Barrette. Son attachée de presse a une fois de plus transmis notre demande au CISSSO, en précisant que « ce sont des enjeux internes ».