L’équipe de tournage de l’émission Au pic et à la pelle a consacré une partie de l’épisode de ce vendredi soir aux archéologues fouillant le site où doit être construit le pont de l’autoroute 35, à Pike River.
L’équipe de tournage de l’émission Au pic et à la pelle a consacré une partie de l’épisode de ce vendredi soir aux archéologues fouillant le site où doit être construit le pont de l’autoroute 35, à Pike River.

Chantier de l’autoroute 35: visite au coeur de fouilles archéologiques

Cynthia Laflamme
Cynthia Laflamme
Initiative de journalisme local - La Voix de l'Est
La série documentaire Au pic et à la pelle présentée sur Historia depuis quelques semaines proposera, ce vendredi soir, une incursion sur le site de recherches archéologiques où doit être construit le pont de l’autoroute de la Vallée-des-Forts (A35) qui enjambera la rivière aux Brochets, à Pike River. L’épisode est consacré aux archéologues d’Ethnoscop engagés par le ministère des Transports du Québec et ceux de Arkéos qui explorent le chantier Bryson-Chenaux, en Outaouais pour le compte d’Hydro-Québec.

À 2 km de la baie Missisquoi, l’équipe de tournage a suivi 10 à 12 archéologues sur les rives de la rivière aux Brochets. Durant 6 semaines l’année dernière, ils ont fouillé le sol en prévision du chantier routier prévu dans les prochaines années. Le ministère des Transports leur a donné ce mandat pour éviter de devoir arrêter le chantier après avoir découvert un intérêt archéologique sur le site.

L’épisode met en lumière le travail des archéologues, leurs techniques comme leur camaraderie, mais aussi leurs découvertes et les embûches qu’ils peuvent rencontrer.

Chaque rive a révélé ses secrets. Pointes de flèche, outils, morceaux de poteries, les archéologues ont trouvé quelques beaux morceaux d’histoire, certains plus en profondeur que prévu. Ils ont donc dû continuer à creuser jusqu’à trouver le sol stérile.

«L’archéologie nous permet d’aller directement à des moments très anciens dans le passé», commente à un moment Roland Tremblay, spécialisé dans la préhistoire.

Les deux sites sont effectivement préhistoriques. D’un côté de la rivière, ils estiment l’âge du site de 2400 à 1500 ans avant aujourd’hui et, de l’autre, jusqu’à 6000 ans avant aujourd’hui. L’histoire du site n’a cependant pas été reconstituée.

Les artefacts trouvés sont étudiés et nettoyés en laboratoire, puis catalogués, informe Karine Abdel, conseillère en communications au ministère des Transports du Québec. Un rapport est ensuite déposé au ministère de la Culture et des Communications.

Les artefacts, quant à eux, sont déposés au Laboratoire et réserve d’archéologie du Québec où aucune fenêtre ne risque de les abimer et où le taux d’humidité est contrôlé. Seuls les chercheurs et archéologues peuvent y avoir accès.

L’équipe retournera sur le terrain cet été, à partir du mois d’août pour laisser le temps aux tortues molles à épines de pondre. Il leur reste environ 100 mètres carrés à fouiller. L’émission sera diffusée vendredi à 21 h sur la chaîne Historia.

Les archéologues ont notamment trouvé des morceaux de poterie près de la rivière aux Brochets.

Échéancier maintenu

Par ailleurs, l’échéancier prévu pour la construction de la troisième phase de l’autoroute 35, à l’ouest de Brome-Missisquoi, tient toujours la route. L’impact de la crise de la COVID-19 n’est pas encore analysé, mais les plans demeurent les mêmes jusqu’à présent.

Les entrepreneurs ont jusqu’au 4 mai pour déposer leur candidature sur l’appel d’offres pour la réalisation de la première partie de la phase III, qui doit débuter cet été et se terminer en 2023.

Un premier appel d’offres a été ouvert le 10 mars dernier avant d’être annulé 14 jours plus tard. « Il a été republié avec la mention “structure complexe”, puisque seuls les entrepreneurs préqualifiés pour les structures complexes peuvent soumissionner », explique Karine Abdel.

Les équipes du ministère continuent à travailler à la préparation du chantier malgré la crise, ajoute-t-elle.

Pendant la pandémie, des mesures devront être prises pour s’assurer que les directives gouvernementales et les normes de la CNESST soient respectées. «C’est sûr que l’échéancier va dépendre du succès de l’appel d’offres et de la façon dont les chantiers routiers devront être gérés sur place. On va voir avec le temps comment ça se passe sur le chantier. Il est encore trop tôt pour évaluer s’il y a un impact réel sur les dates.»

La première partie de la phase III prévoit le prolongement de l’autoroute de la Vallée-des-Forts à partir de la route 133, à Saint-Sébastien, jusqu’au chemin Molleur, à Pike River, ainsi que la construction d’un pont d’étagement de la route 202 au-dessus de l’autoroute 35.

La deuxième partie de cette troisième phase, qui ne fait pas partie de l’appel d’offres, prévoit la construction d’un pont au-dessus de la rivière aux Brochets, à Pike River ainsi que le prolongement de l’autoroute jusqu’à l’intersection de la route 133 et des chemins du Moulin et Champlain, à Saint-Armand. Un échangeur à cet endroit sera également construit, de même qu’un carrefour giratoire avant le lancement de la phase IV.

Le maire de Pike River avait par ailleurs demandé au MTQ de revoir l’emplacement du pont qui passera au-dessus de la rivière puisque le site choisi pour les piliers du pont pourrait provoquer des inondations printanières.