Des représentants de quelques groupes dont Greenpeace Canada et le Réseau Action Climat Canada ont demandé vendredi matin aux néo-démocrates, verts et bloquistes, de mettre de côté la partisanerie pour obtenir de la part du gouvernement minoritaire libéral les gestes nécessaires.

Changements climatiques: les environnementalistes réclament un plan concret, sans partisanerie politique

Les environnementalistes canadiens réclament des actions concrètes et des lois maintenant qu’une majorité d’élus à la Chambre des communes s’est engagée à lutter davantage contre les changements climatiques.

Des représentants de quelques groupes dont Greenpeace Canada et le Réseau Action Climat Canada ont demandé vendredi matin aux néo-démocrates, verts et bloquistes, de mettre de côté la partisanerie pour obtenir de la part du gouvernement minoritaire libéral les gestes nécessaires.

Le syndicat Unifor a joint sa voix à ces groupes qui tenaient une conférence de presse dans un édifice du parlement pour demander également un plan de transition, permettant aux travailleurs de délaisser les industries des énergies fossiles.

Selon Patrick Bonin de Greenpeace Canada, aucun scénario réaliste ne permet l’agrandissement prévu du pipeline Trans Mountain.

À sa première conférence de presse post-élection, le premier ministre Justin Trudeau a réitéré son intention de compléter le projet entamé par l’achat de l’oléoduc l’an dernier.

«Au Canada, a rappelé M. Bonin, on doit réduire d’au moins 50 p% nos émissions de CO2 pour 2030 et un projet comme Trans Mountain, on ne voit aucunement comment ça peut cadrer avec ce que la science exige. On ne peut plus rajouter d’infrastructures pétrolières et gazières. Et au lieu de les financer, il faut injecter cet argent dans les énergies vertes, dans les solutions, les énergies renouvelables.»

«Si le gouvernement est sérieux et ne veut pas parler des deux côtés de la bouche, il doit complètement laisser tomber tout projet d’expansion de la production du pétrole et du gaz», a-t-il insisté.

M. Bonin et ses collègues voudraient donc des lois qui fixent des cibles ambitieuses de réduction des émissions des gaz à effet de serre (GES). Ils veulent un plan de transition, semblable à celui qui a servi aux travailleurs des mines de charbon, pour accompagner les ouvriers qui dépendent du gaz et du pétrole.

«Ce qu’ils veulent, c’est des jobs. Ce n’est pas des jobs dans le pétrole», de l’avis de M. Bonin.

Les environnementalistes se croient armés de «la plus forte mobilisation» citoyenne démontrée lors de l’élection du mois dernier. De nombreux électeurs ont identifié les préoccupations environnementales comme inspiration pour leur vote. Ces préoccupations, elles ont été relayées par les libéraux, les néo-démocrates, les bloquistes et les verts.

Catherine Abreu, directrice générale du Réseau Action Climat Canada, écarte de l’équation les conservateurs qui, selon elle, n’ont pas offert de plan sérieux de lutte contre les changements climatiques.

Dans la nouvelle donne politique à Ottawa, M. Bonin mise aussi sur l’arrivée de l’environnementaliste Steven Guilbeault, élu député libéral.

«Pour nous, la présence de Steven Guilbeault au sein du gouvernement, on l’espère, va tirer le gouvernement vers le haut», a-t-il déclaré.

M. Bonin imagine facilement M. Guilbeault comme ministre de l’Environnement. Son passé dans «la société civile» et «son esprit rassembleur» permettra de travailler avec les partis d’opposition, croit M. Bonin.

Justin Trudeau formera son conseil des ministres le 20 novembre prochain.