Un monument à Samuel de Champlain qui faisait jaser dans une ville de l’Ontario pour sa représentation des Autochtones sera finalement réinstallé après restauration, mais l’oeuvre subira des changements majeurs.

Champlain retrouvera son socle en Ontario, mais peut-être pas les Autochtones

OTTAWA - Un monument à Samuel de Champlain qui faisait jaser dans une ville de l’Ontario pour sa représentation des Autochtones sera finalement réinstallé après restauration, mais l’oeuvre subira des changements majeurs.

Le monument original en bronze, installé depuis 1925 dans un parc d’Orillia, au nord-est de Toronto, montrait l’explorateur français ainsi que plusieurs autres personnages, dont quatre Autochtones représentés d’une manière raciste, selon certains. Autour du socle portant le bronze de Champlain, on voyait deux Autochtones assis aux pieds d’un missionnaire et deux autres au pied d’un marchand de fourrures. Plusieurs y ont vu une représentation de totale soumission devant le colonisateur blanc.

Face à la controverse - et avant de réinstaller les bronzes restaurés -, Parcs Canada avait demandé conseil à un groupe de travail, qui a mené des consultations et rencontré des experts. L’agence fédérale a annoncé mercredi qu’elle appliquera intégralement les recommandations de ce comité.

Seule la sculpture de Champlain sera donc réinstallée sur son socle pour l’instant, alors que les autres personnages du groupe feront l’objet de nouvelles consultations, a annoncé Parcs Canada mercredi. La plaque encastrée dans le monument original sera aussi actualisée «de manière à respecter l’intention originale dans le contexte de la sagesse et du savoir contemporains», après des consultations plus approfondies auprès des Premières Nations et de la Ville d’Orillia, notamment.

Le groupe de travail recommande aussi que «des panneaux ou d’autres éléments d’interprétation supplémentaires» soient créés, avec la participation des Autochtones, afin de «relater un récit historiquement exact de Samuel de Champlain et de sa relation avec les Premières Nations».

Le groupe de travail, qui se penchait là-dessus depuis huit mois, comprenait sept membres: des représentants de la Ville d’Orillia, de Parcs Canada, de la Première Nation chippewa de Rama, de la Nation huronne-wendat, de la Fédération des enseignants de l’élémentaire de l’Ontario, ainsi que deux «citoyens ordinaires» d’Orillia. Le groupe de travail a tenu des consultations et des ateliers, rencontré des experts et mené des recherches.

«Cette décision s’harmonise avec le «Cadre pour l’histoire et la commémoration» de l’agence, qui présente une nouvelle approche pour la transmission de récits plus inclusifs du Canada par des perspectives variées et parfois complexes, sans occulter les épisodes difficiles du passé», explique Parcs Canada dans un communiqué.