Jean-Claude Des Rosiers est allé «trop loin».

Chambre de commerce: quatre anciens présidents offusqués

Le président de la Chambre de commerce de Gatineau (CCG), Jean-Claude Des Rosiers, vient de provoquer une vive controverse au sein de son organisation. Sa sortie publique de vendredi lui a valu un dur rappel à l’ordre de la part de quatre anciens présidents de la chambre, ce week-end.

Martin Lacasse, Marie-Andrée Pelletier, Philippe Marion et Antoine Normand estiment tous que M. Des Rosiers a traversé une ligne rouge en demandant publiquement, au micro de Roch Cholette, le congédiement de Catherine Marchand, directrice de l’aménagement du territoire et du développement économique à la Ville de Gatineau. 

« J’en ai dépassé des lignes, moi aussi, lorsque j’étais président, mais là, demander spécifiquement le congédiement d’une fonctionnaire, c’est très délicat, a lancé M. Marion. À tort ou à raison, un sacrifice sur la place publique comme ça n’a pas sa place. » À titre d’ancien président de la CCG, M. Marion a tenu à s’excuser sur Facebook auprès de Mme Marchand pour les propos de l’actuel président.

Martin Lacasse a aussi sursauté en prenant connaissance des propos de M. Des Rosiers. « Viser directement et personnellement une fonctionnaire, ça ne se fait pas. Je ne pense pas qu’un président de chambre de commerce peut se permettre de demander ça. C’est une sortie très malhabile de la part du président. »

Jean-Claude Des Rosiers est clairement allé « trop loin », ajoute Marie-Andrée Pelletier. « S’il y a un problème, tu peux en parler aux politiciens, à l’administration, mais tu ne fais pas ça dans une entrevue radio. »

Commande politique

M. Des Rosiers a aussi affirmé sur les ondes du 104,7 Outaouais, vendredi, avoir des « informations de sources très sérieuses » attestant qu’il y a eu une « commande politique pour ralentir les projets de Brigil et le projet Place des peuples » à la Ville. « L’équipe de gestionnaire de Brigil m’a rencontré pour m’expliquer leur point de vue et j’ai fait un exercice similaire avec certains conseillers et des gens d’affaires, des professionnels, et ils m’ont confirmé des choses qu’ils ont entendues », a-t-il ajouté.

Là encore, la façon de faire de M. Des Rosiers lui vaut de sévères remontrances de la part de ses prédécesseurs. « La Chambre de commerce de Gatineau est-elle devenue à ce point la boîte de communications et de lobbying de Brigil pour se permettre d’aller en ondes sur radio-Brigil pour attaquer, en campagne électorale, une fonctionnaire municipale qui elle, n’a pas le droit de se défendre publiquement ? », a écrit Antoine Normand sur sa page Facebook, samedi. 

« Une ligne a été franchie, a-t-il ajouté au Droit. C’est bien beau de faire la job au nom de quelqu’un d’autre, mais [Jean-Claude Des Rosiers] a dépassé une ligne. J’imagine, j’espère qu’il avait l’aval de son conseil d’administration pour faire ça avant d’aller en ondes. » M. Des Rosier disait, vendredi, que le message des membres, des membres gouverneurs et du conseil d’administration est très clair : « il faut dire tout haut ce que les gens nous disent jour après jour ». 

Philippe Marion rappelle que la gestion municipale n’a rien à voir avec la gestion d’une entreprise. « Je ne connais pas les détails du dossier. Mais même s’il avait raison, c’est n’est pas une façon de faire pour la chambre de commerce », insiste-t-il. Marie-Andrée Pelletier affirme n’avoir rien à reprocher à la Ville de Gaitneau quant au service et à l’écoute du service d’urbanisme. Elle précise qu’elle ne veut pas prêter de mauvaises intentions à personne, mais elle ajoute ne pas endosser les attaques personnelles qui ont été entendues. « Je préfère toujours une approche plus constructive que les attaques personnelles, dit-elle. La chambre devrait jouer son rôle et se mettre un peu plus en retrait. »

Sur Twitter dimanche, la CCG a indiqué qu’elle ferait le point sur la situation en début de semaine.