Le projet d’entreposage de Chalk River pourrait accueillir jusqu’à 1000 mètres cubes de déchets nucléaires à faible radioactivité durant 50 ans.

Chalk River: 82 municipalités du Grand Montréal s’opposent

Les 82 municipalités de la Communauté métropolitaine de Montréal (CMM) s’opposent au projet de dépotoir nucléaire de Chalk River. Elles ont adopté une résolution à l’unanimité jeudi.

Elles craignent que ce monticule, qui serait construit à proximité de la rivière des Outaouais, ne contamine cette source d’approvisionnement en eau potable du Grand Montréal.

«On sait que le nucléaire et l’eau ne font pas bon ménage et il y a eu le même genre de construction en France qui a mal tourné», a avancé la mairesse de l’arrondissement de Lachine, Maja Vodanovic.

La CMM, qui regroupe près de 4 millions de citoyens, entend joindre ses forces à celles de Gatineau et de l’Union des municipalités du Québec (UMQ) pour faire connaître ses préoccupations à la Commission canadienne de sûreté nucléaire. L’UMQ n’a pas encore pris position, mais le sujet est à l’ordre du jour de la rencontre du caucus des municipalités de la métropole prévue à la mi-mai. Il pourrait ensuite faire son chemin jusqu’à l’assemblée générale annuelle de l’association le 18 mai.

Le projet d’entreposage de Chalk River pourrait accueillir jusqu’à 1000 mètres cubes de déchets nucléaires à faible radioactivité durant 50 ans. Selon les Laboratoires nucléaires canadiens (LNC), qui gèrent le site, il permettrait de disposer de façon sécuritaire des sols et des matériaux contaminés qui se trouvent déjà à proximité de la rivière des Outaouais depuis des décennies.

«Je pense qu’il est important de répondre aux questions et je pense qu’il est important de revoir le projet parce que présentement, on essaie quelque chose qui n’a jamais été essayé avant», a souligné le chef parlementaire du Bloc québécois, Xavier Barsalou-Duval, en appui à la démarche de la CMM.

Plus tôt cette semaine, une quarantaine de groupes environnementaux et de Premières Nations demandaient une enquête internationale sur la gestion des déchets nucléaires au Canada, notamment parce qu’ils considèrent que le projet de Chalk River ne correspond pas aux normes de l’Agence internationale de l’énergie atomique.

Les LNC forment une entreprise appartenant au consortium Canadian National Energy Alliance composé de cinq firmes d’ingénierie, de technologie et de gestion de projet, dont SNC-Lavalin et Rolls-Royce.