L'ajout d'une ambulance supplémentaire ne satisfait par la Fraternité des paramédics de l'Outaouais.
L'ajout d'une ambulance supplémentaire ne satisfait par la Fraternité des paramédics de l'Outaouais.

«C'est comme mettre un Band-Aid sur une hémorragie»

Sylvie Branch
Sylvie Branch
Le Droit
L'ajout d'une ambulance supplémentaire à Gatineau en octobre dernier n'est qu'un pansement sur un problème déjà existant, selon la Fraternité des paramédics de l'Outaouais. Presque un an plus tard, les ambulanciers constatent que le manque de ressources est toujours flagrant et que d'autres problèmes ont même fait irruption.
Le constat n'est pas rose, selon la Fraternité. L'ajout d'une ambulance en tout temps sur les routes de Gatineau - une mesure temporaire qui avait été mise en place au printemps 2013 - est devenu permanent en octobre dernier. Les services ambulanciers de l'Outaouais en faisaient la demande depuis que leurs confrères d'Ottawa ont décidé de ne plus leur prêter main-forte.
Cette nouvelle ambulance permet de combler 168 heures par semaine. La Fraternité en réclame au moins 300.
«C'est comme mettre un Band-Aid sur une hémorragie actuellement. Démographiquement, la population de l'Outaouais s'agrandit, mais le service ambulancier ne grossit pas au même rythme», constate François Trudel, président de la Fraternité des paramédics de l'Outaouais.
M. Trudel rappelle qu'il manque toujours près de 130 heures par semaine pour couvrir tout le territoire adéquatement.
La Fraternité n'en démord pas, le large territoire de l'Outaouais n'est pas pris en considération. Selon elle, il y a présentement une utilisation inadéquate des ressources ambulancières.
«Quand une ambulance de la Haute-Gatineau vient porter un patient à Gatineau, le véhicule reste ici pour répondre aux appels. Il manque donc une ambulance là-bas, cite en exemple M. Trudel. La couverture est déficiente. On patch à Gatineau, mais on découvre des problématiques ailleurs.»
Selon lui, le manque de ressources sur le terrain est flagrant. Au bout du compte, c'est le patient qui écope. «On gère le risque et on déplace des ressources pour répondre aux besoins à Gatineau, mais qu'arrivera-t-il si l'ambulance de la Haute-Gatineau doit être sur son territoire pour répondre à un appel?», questionne M. Trudel.
Autre constat: le temps d'attente des ambulances au centre hospitalier doit diminuer. Malgré des progrès, la Fraternité constate que le processus traîne en longueur. L'Agence de la santé et des services sociaux de l'Outaouais travaille depuis l'an dernier à corriger la situation.
«On sait que c'est une démarche complexe, mais les minutes d'attente s'accumulent. Les ambulances restent coincées au centre hospitalier», remarque François Trudel.
La cible à atteindre est de 45 minutes et moins d'attente dans 98% des cas. L'Agence a bon espoir d'y parvenir dans un avenir rapproché.
«Selon les récentes données, dans un peu plus de la moitié des cas l'attente était de moins de 45 minutes. Nous sommes conscients qu'on doit améliorer le temps, mais ça avance bien», mentionne Karelle Kennedy, porte-parole de l'Agence de la santé.
Afin d'y parvenir, des paramédics et des infirmières travaillent de concert afin de clarifier le rôle de chacun lors de la prise en charge des patients dans les hôpitaux afin de libérer les ambulances plus rapidement.
Sbranch@ledroit.com