Jimmy Sévigny offre des séances de conditionnement physique en public, appelées Méga Workout.

«C’est comme des raves, mais personne n'est gelé» — Jimmy Sévigny

Il y a de ces chemins de Damas. L’histoire en regorge: les perdants d’hier obtiennent cette deuxième chance que leur offre la vie et ressuscitent de nouveau pour réussir l’impossible. L’industrie des conférenciers et motivateurs de tous genres débordent de miraculés de la vie qui viennent nous raconter leur histoire et leurs secrets.

Mais celle de Jimmy Sévigny demeure assez remarquable: frappé d’obésité morbide à son plus jeune âge, avec 452 livres (205 kg) au compteur comme poids maximal atteint, son coeur le lâche à 19 ans. La lumière fut. S’ensuivra une longue marche vers la santé et l’équilibre. 300 livres perdues en quatre ans, nous confirme Jimmy, jusqu’à des participations à des... Ironman!

Depuis, le Ricardo de l’adrénaline est non seulement un apôtre des saines habitudes de vie, il est devenu un redoutable entrepreneur qui multiplie les occasions d’affaires. Ses séances de conditionnement physique en public, appelées Méga Workout, sont construites comme des Super Bowl avec un spectacle d’ouverture et un autre de mi-temps de match. Des séances de gym exubérantes avec effets pyrotechniques, tours de lance-flammes, fusils à CO2, serpentins, écrans géants... Mille personnes envahissent un large espace pour se défoncer sainement durant 90 minutes d’entraînement. 

« C’est comme des raves, mais personne est gelé et tout le monde s’entraînent », nous raconte, rieur, le Jimmy en question. Il s’agit là d’un concept unique en Amérique du Nord, assure-t-il.

Il s’agissait du premier Méga Workout de Jimmy Sévigny à Gatineau et son huitième en carrière. Il se déroulait dimanche après-midi au Complexe Branchaud-Brière.

D’autres cordes à son arc

Mais le prodige Jimmy s’est multiplié et cloné dans d’autres sphères d’activités connexes: 15 000 à 20 000 boîtes à lunch santé, concoctées par un sous-traitant, sont livrées à domicile chaque mois à ses clients, trois livres sont déjà parus à ce jour, ses DVD se vendent sur le Net et ses conférences en entreprise et ailleurs abordent des thématiques très larges: argent, vie de couple, saines habitudes de vie, reprise en main personnelle... Le marché des écoles est aussi prolifique.

«J’ai souffert de l’intimidation. On m’a craché dessus, on m’a roulé dans la boue. Je me promène beaucoup dans les écoles secondaires pour parler d’intimidation, d’image corporelle, de persévérance scolaire. L’adolescence, c’est tellement une période critique. Moi, j’avais 38% de moyenne, j’étais toxicomane, alcoolique. Si quelqu’un m’avait dit qu’un jour je serais en mesure de faire des Ironman, je l’aurais pas cru», raconte Jimmy Sévigny.

Son public cible? «À 91%, des femmes, âgées de 28 à 54 ans», répond-il avec aplomb, bien conscient de la portée de cette statistique auprès de ses commanditaires.

Armé d’un BAC en éducation physique, Jimmy Sévigny s’est lancé en affaires, il y a environ dix ans, mais l’explosion entrepreneuriale, elle, a eu lieu il y a près de trois ans. 

Homme d’affaires ou psychothérapeute?

Avec environ 300 000 abonnés du côté des médias sociaux, Jimmy Sévigny doit nécessairement gérer un flot incessant de questions et de commentaires de tous genres. Sur Facebook seulement, c’est de 200 à 300 messages par jour qui réclament réponses et attention. Une équipe s’occupe de répondre aux questions plus générales, pendant que les messages étoilés confidentiels seront directement répondus par lui personnellement. Et la responsabilité sociale est énorme quand on devient une figure publique, comme ces deux cas suicidaires chez ses fans, dont l’un a réclamé une intervention policière, confie-t-il.

Il s’agissait du premier Méga Workout de Jimmy Sévigny à Gatineau et son huitième en carrière. Il se déroulait dimanche après-midi au Complexe Branchaud-Brière.