La passerelle, qui s’étire sur 400 m, se trouve dans un marais où barbotent de nombreux canards. Au total, 9,7 km de sentiers accueillent les marcheurs.

Ces lieux qu'on aime: la place verte

CHRONIQUE / Un commerce, un coin de rue ou un parc méconnus, un endroit pour rencontrer ou relaxer : les villes regorgent de lieux qu’on aime, souvent loin des circuits plus traditionnels. Cet été, les chroniqueurs des six journaux de Groupe Capitales Médias vous amènent à la découverte de ces petits trésors, de Québec jusqu’en Outaouais, de la Mauricie à l’Estrie ou au Saguenay–Lac-Saint-Jean. Rendez-vous chaque jeudi de l’été.

Pour avoir une bonne idée de l’endroit où on se tient le plus souvent, suffit de jeter un œil aux photos qui garnissent notre cellulaire. Certains accumulent des clichés de verres de bière dégustés dans diverses microbrasseries de la province. D’autres, les souvenirs de journées ensoleillées passées sur un plan d’eau, chaussés de skis nautiques ou les fesses coincées dans une chambre à air liée à un bateau par un câble. C’est selon.

Moi, quand je fais défiler les 1372 photos prises depuis 2015, là où je semble avoir établi ma résidence secondaire, c’est au Centre d’interprétation de la nature du lac Boivin !

Au « C-I-N-L-B » ou au « Centre d’la nature », comme on dit chez nous, à Granby.

Ça aussi c’est selon.

Comme son nom l’indique, l’endroit se caractérise, entre autres, par un boisé et un marais qui permettent l’observation d’une faune et d’une flore luxuriantes. Le vert y domine. Ma couleur préférée.

Juste pour vous donner un exemple, dans mes clichés on y retrouve des arbres majestueux, des canards colorés, des champignons mystérieux, des tapis de feuilles multicolores, des mésanges culottées, des sentiers enneigés, des mers d’oies blanches, des tamias téméraires, des écureuils ventrus, des souches inspirantes, une passerelle aussi sinueuse qu’invitante, des roches usées par le temps, des feuilles en forme de cœur, des tortues fidèles à elles-mêmes, etc. Et je ne traîne pas ma caméra à chaque visite !

Le CINLB a entendu les gazouillis de mes filles qui y ont englouti des kilomètres à bord de leur poussette. Il a été témoin de nombreuses conversations avec ma mère. D’autres avec ma sœur, mon chum. Il a eu vent de confidences faites à des ami(e)s. Bercé mes peines, mes joies, mes trop-pleins d’énergie, mes besoins de solitude.

Vue d’une des deux tours d’observation présentes au CINLB. Au loin, le mont Shefford.

Un grand service qu’il ne rend pas qu’à moi. Son côté thérapeutique, je sais qu’il agit sur plusieurs. Je crois même que l’endroit sert souvent de lieu de rencontre. De zone neutre où, pendant que la fougère foisonne, naissent de belles histoires d’amour.

D’autres grandes passions s’y vivent également. Parlez-en aux ornithologues et mycologues du coin. Juste pour les oiseaux, on y a répertorié 260 espèces, faisant du lieu un site désigné ZICO pour Zone Importante pour la Conservation des Oiseaux.

Allez-y avec les enfants et attirez les mésanges en déposant une poignée de graines de tournesol au creux de leurs mains. Les étoiles dans leurs yeux (aux petits, pas aux oiseaux !), vous verrez, ça vaut de l’or.

Les mésanges à tête noire, vous les trouverez surtout dans La Prucheraie, un des quatre sentiers sillonnant le CINLB. Le Marécage, lui, permet de voir barboter les canards d’Amérique et branchus. Les Ormes, plus long, donne la chance de croiser des castors et La Randonnée, qui s’étire sur 6,1 km, celle de saluer une tortue ou un Grand Héron au passage.

Beau de partout

Une autre grande beauté du CINLB, c’est qu’il est ceinturé par une piste cyclable, La Granbyenne. On peut donc s’y présenter à vélo, faire un petit tour du propriétaire, et revenir découvrir les sentiers à pied. Une fois à cheval sur son vélo, on peut allonger l’expédition jusque sur La Montégériade ou encore sur L’Estriade. Et si l’énergie y est, il est même possible d’aller se promener plus loin, sur La Route des Champs ou La Campagnarde. Tout est relié.

Une fois la bicyclette rangée, les sentiers parcourus et les sandwiches consommés, le CINLB propose aux visiteurs des expositions, ateliers et conférences, tous liés à la nature. Même la boutique qui s’y trouve tourne, bien évidemment, autour du même thème. Toute la programmation se trouve au www.cinlb.org

Plusieurs raisons font que le CINLB est cher à mon cœur. L’une d’elles est qu’elle nous a permis, à mon chum et moi, d’habituer nos filles à marcher en nature... et de rire un bon coup. Un jour, Martin s’est mis à parler écureuil ! Par un claquement de langue que lui seul maîtrisait, il s’est mis à jaser avec les écureuils croisés en chemin. Chaque fois, il se lançait dans une enquête en demandant aux petites bêtes leur nom, leur âge, leur état civil, etc.

« C’est quoi son nom à lui ? », que ma petite lui avait demandé un jour, plantée debout devant un canard colvert.

Ce à quoi j’ai répondu du tac au tac que papa ne parlait qu’écureuil. Pas canard. Elle a alors repris sa route. Sans doute qu’elle se disait « si mon père ne parle pas anglais, il est fort probable qu’il ne parle pas canard non plus... » Je n’ai pas investigué fort, fort...

Mais on jase là. Si on pouvait parler aux écureuils du CINLB, que nous diraient-ils ? Je suis certaine qu’ils nous inviteraient à passer les voir, car leur sanctuaire a du panache.