La ministre de l’Éducation de l’Ontario, Mitzie Hunter.
La ministre de l’Éducation de l’Ontario, Mitzie Hunter.

Centre Jules-Léger: vers une nouvelle gouvernance

Daniel LeBlanc
Daniel LeBlanc
Le Droit
Après avoir fait l’objet de rumeurs de fermeture pas plus tard qu’en 2016, le Centre Jules-Léger (CJL) pourrait bien voir sa gouvernance être transférée aux 12 conseils scolaires de langue française de la province.

Le gouvernement ontarien a annoncé jeudi qu’un projet de loi sera présenté cet automne à Queen’s Park dans le but que l’école spécialisée qui a pignon sur rue depuis 1979 à Ottawa soit gouvernée «par et pour les francophones». 

Pour l’instant gérée par le ministère de l’Éducation, l’institution à vocation provinciale offre des programmes et services en français à des élèves de 21 ans et moins aveugles, sourds, malentendants ou ayant de sévères troubles d’apprentissage. Comptant à l’heure actuelle une cinquantaine d’élèves, il s’agit de l’unique école francophone du genre à travers la province.

À la suite de consultations auprès de la communauté, le gouvernement a donc décidé d’appliquer l’une des principales recommandations du commissaire aux services en français François Boileau, qui avait rédigé un rapport d’enquête sur le CJL il y a deux ans après avoir reçu une vingtaine de plaintes. 

«La structure actuelle de gouvernance ne tient pas la route. Toutes les décisions sont prises par le ministère de l’Éducation de l’Ontario et ses représentants. Il y a donc une absence de gestion autonome», avait à l’époque lancé le commissaire, ajoutant qu’il était impératif de corriger le tir le plus rapidement possible. 

La ministre de l’Éducation, Mitzie Hunter, était de passage à Ottawa pour annoncer que le projet de loi, s’il est adopté, permettra de transférer la gouvernance de l’établissement au consortium du Centre Jules-Léger, formé d’un nombre égal de conseillers scolaires de langue française des conseils publics et catholiques. 

Une entente a été conclue après deux ans de négociations avec les conseils scolaires, qui souhaitent faire du CJL «un centre d’excellence avec des services partout en province», a indiqué le président de l’Association des conseils scolaires des écoles publiques de l’Ontario (ACÉPO), Denis Chartrand. 

Soutenant d’emblée que les dernières années n’ont pas été des plus faciles pour le personnel et les parents, Mme Hunter a indiqué que cette décision était un signal clair que le gouvernement croyait au potentiel de l’établissement. 

«C’est un endroit vraiment spécial. Quiconque circule dans les corridors va le constater», a-t-elle lancé. 

Pourtant, le portrait est encore loin d’être rose. Plusieurs, dont l’ACÉPO, disent avoir eu écho que l’institution a dû composer avec des coupes budgétaires répétitives depuis cinq ans. 

La ministre n’a pas été en mesure de dire si ce virage s’accompagnera d’une hausse de l’enveloppe budgétaire réservée au CJL, se contentant de dire qu’un accord de transfert des ressources sera conclu en temps et lieu avec le nouveau consortium. Elle assure par contre que le nouveau mode de gouvernance n’aura pas d’impact sur la qualité des services.

La structure serait créée au printemps prochain en vue d’une transition progressive vers la nouvelle entité, qui prendrait les rênes de l’école spécialisée à l’automne 2018.