L’ouverture du Carrefour de pédiatrie sociale a eu lieu en présence de plus d’une centaine de personnes, dont l’instigateur de l’approche, Dr Gilles Julien, l’épouse du premier ministre, Sophie Grégoire Trudeau, ainsi que le petit Xavier.

Centre de pédiatrie sociale: l’enfant au cœur de la mission

« La parole des enfants, elle est sacrée, elle est pure. Il n’y a rien de plus beau que d’être leur ami ». C’est entre autres avec ses mots que Dr Gilles Julien, dont le modèle novateur de pédiatrie sociale est un succès partout au Québec dont à Gatineau, a salué l’ouverture d’un tout premier centre de pédiatrie sociale en sol ontarien.

Après plusieurs mois de travail en coulisses, le Carrefour de pédiatrie sociale du Centre de services communautaires (CSC) Vanier est né mercredi, ce qui permettra de venir en aide à plusieurs dizaines d’enfants de 17 ans et moins qui sont dans une situation de vulnérabilité et qui habitent ce quartier ou encore fréquentent l’une de ses écoles.  

Le projet, devenu réalité grâce à une subvention de 680 000 $ sur trois ans offerte par la Fondation Trillium de l’Ontario, vise au bout du compte à ce que chaque enfant puisse développer son plein potentiel, rappelle l’instigateur de ces institutions. 

« Actuellement au Canada, près d’un enfant sur trois tombe entre deux chaises. Il n’a pas les services requis pour se développer, il arrive à l’école et n’est pas prêt, finit par décrocher. Les enfants font partie du capital social de la société, alors c’est inacceptable dans un pays comme le nôtre. On travaille donc fort pour changer les choses. [...] Je suis vraiment très fier, c’est le premier centre hors Québec », a lancé Dr Julien. 

L’offre de services du nouveau centre de pédiatrie sociale comprendra entre autres des évaluations complètes et holistiques de la santé, des suivis médicaux et psychosociaux ainsi qu’un éventail d’activités de groupes ayant des bienfaits pour la santé et le mieux-être, le tout sous un seul toit. 

« C’est une médecine proximité où on amène les services dans la cour des gens. L’approche est basée sur la médecine, le travail social et le droit. On amène aussi des ressources en orthophonie et en ergothérapie, ou encore de nouveaux médecins. Il s’agit de communautés appauvries où souvent ils n’ont même pas accès à des soins médicaux parce que l’autobus coûte trop cher pour se rendre à l’hôpital ou au bureau du médecin, etc », de dire Dr Julien. 

Visiblement touchée par la cause, Sophie Grégoire-Trudeau, épouse du premier ministre canadien, a assisté à l’ouverture du Carrefour de pédiatrie sociale.

« Si on n’investit pas dans la santé morale, intellectuelle, spirituelle et émotionnelle de nos enfants, comme on dit, on va manquer le train. L’approche du Dr Julien est tellement multidimensionnelle, comme nous le sommes en tant qu’être humain, se différencie justement à cause de ça. Parce que chaque être humain a des besoins différents, chaque être humain a une histoire », s’est-elle exprimée. 

À son avis, il faut continuer à changer nos façons de faire, à une époque où les communautés et les parents se sont désengagés pour toutes sortes de raisons. L’État, précise-t-il, ne peut pas être tenu entièrement responsable du bien-être des enfants. 

Le Carrefour de pédiatrie sociale se fixe comme objectif de venir en aide à 50 enfants pour sa première année d’opération, une cible qui sera haussée à 100 en 2019 et 2020.

Dr Julien affirme qu’il était tout naturel qu’un établissement puisse voir le jour à Ottawa alors que les deux centres de pédiatrie sociale de Gatineau, situés sur la rue Notre-Dame et dans le Vieux-Hull, sont une belle réussite.

« L’influence de Gatineau était facile. Dre Anne-Marie Bureau a pu jouer un gros rôle d’influence dans le projet », dit-il.

Plus de huit ans après l’ouverture des deux premiers centres de pédiatrie sociale dans les quartiers Hochelaga-Maisonneuve et Côte-des-Neiges à Montréal, on dénombre aujourd’hui 27 établissements du genre à travers le Québec.