Hannah Waat, coordonnatrice d'Etc.
Hannah Waat, coordonnatrice d'Etc.

Célébrer sa fierté autrement

Guillaume St-Pierre
Guillaume St-Pierre
Le Droit
«Soyez bruyants, soyez fiers (Be loud, be proud).» Le slogan de la 28e édition du festival Fierté dans la capitale est sans équivoque. Alors que le festival bat son plein, des voix s'élèvent pour réclamer le droit de célébrer sa différence autrement.
Depuis leurs tout débuts, les marches de la fierté ont comme principal objectif de révéler au grand jour la préférence sexuelle des participants. L'acte est moins subversif qu'autrefois, mais l'esprit du mouvement de libération gai de la fin du début des années 1970 subsiste.
Mais les temps changent, et voilà qu'une autre génération de lesbiennes, gais, bisexuels et transgenres (LGBT) revendique le droit, au sein même de cette communauté, d'être moins bruyants et tout aussi fiers.
La popularité croissante d'Etc., la branche jeunesse de l'organisme Fierté dans la capitale, fait foi du fossé générationnel qui s'est creusé entre les militants de la première heure et les plus jeunes, dont certains sont moins enclins à proclamer sur tous les toits leur orientation sexuelle.
La question du coming out
«J'aimerais qu'il soit mieux accepté dans la communauté LGBT que l'on puisse choisir de sortir du placard ou d'y rester, affirme une coordonnatrice d'Etc., Hannah Watt. Je ne considère pas que sortir du placard est un rite de passage, comme cela a pu l'être pour les plus vieux. Je crois que c'est plutôt un choix personnel.»
«Les jeunes pensent que le coming out est l'affaire d'une seule fois. Puis, ils réalisent qu'ils doivent recommencer chaque jour. Que ce soit quand ils rencontrent de nouvelles personnes, qu'ils changent d'emploi ou qu'ils vivent une liaison amoureuse», explique-t-elle.
Mme Watt souhaite qu'Etc. puisse servir à faire connaître à l'ensemble de la communauté LGBT les préoccupations bien différentes des plus jeunes, par rapport à leurs aînés.
Si Mme Watt a choisi de demeurer dans le giron de l'organisme Fierté dans la capitale, d'autres citoyens ont préféré de se mettre en marge des célébrations et d'organiser leur propre fête, hier après-midi, au parc McNabb, dans le quartier chinois.
Selon Mme Watt, certains membres de la communauté LGBT ne se reconnaissent pas dans les festivités de la fierté, qui attirent, selon eux, une sorte d'élite en majorité.
La 28e édition du festival Fierté dans la capitale se conclut dimanche prochain avec le traditionnel défilé.