Benoit Pelletier a annoncé lundi qu'il ne sera pas candidat à la direction du PLQ.
Benoit Pelletier a annoncé lundi qu'il ne sera pas candidat à la direction du PLQ.

«Ce n'est pas le bon moment pour moi»

Mathieu Bélanger
Mathieu Bélanger
Le Droit
L'ex-ministre libéral des affaires intergouvernementales, Benoit Pelletier, ne sera pas de la course à la direction du Parti libéral du Québec (PLQ).
«Ce n'est pas le bon moment pour moi», a confirmé, hier, l'ancien député de Chapleau. Ce dernier mesurait ses appuis depuis une semaine. Il dit avoir discuté avec bon nombre de militants et députés. M.Pelletier affirme aussi qu'il avait tout le soutien nécessaire de sa famille et qu'elle était prête à vivre avec sa décision.
«Si je m'étais lancé, ça n'aurait pas été pour être bon deuxième ou pour jouer le king maker, ou encore pour me faire valoir, a-t-il expliqué lors d'une entrevue de plus d'une heure accordée au Droit. Je me serais lancé pour assumer les fonctions de chef de l'opposition dans un premier temps, et pour devenir premier ministre dans un deuxième. Le PLQ est en très bonne santé, les militants sont loin d'être découragés par le résultat de l'élection et le parti est aux portes du pouvoir. Quand survient une occasion comme celle-là, c'est normal de prendre le temps de réfléchir. C'est ce que j'ai fait et j'en suis arrivé à la conclusion que ce n'était pas le bon moment pour moi de me lancer dans cette course à la chefferie.»
Formule «dépassée»
Benoit Pelletier laisse entendre que le mode de désignation du chef du PLQ - qui se fait actuellement par vote de délégués - a pesé dans la balance quand est venu le temps pour lui de prendre une décision finale. «C'est une formule qui demande une très grosse organisation et beaucoup de financement et cela peut nuire à certaines candidatures, explique M.Pelletier. Il y a des gens qui voudraient briguer la chefferie, mais qui ne sentiront pas qu'ils auront la possibilité de bâtir une telle organisation à temps pour la course. Comme premier geste de renouvellement, le PLQ devrait changer cette formule et opter pour le scrutin universel.»
L'ancien député de Chapleau qualifie la formule du vote par les délégués de «dépassée».
«Ce mode d'élection vient créer un climat de concurrence entre des machines électorales et les projecteurs sont alors mis sur les organisations des candidats plus que sur les idées et que les personnalités en place, soutient-il. Moi, j'aurais été plus à l'aise avec le scrutin universel, mais certains militants veulent une course rapide et souhaitent conserver cette formule. J'en ai tenu compte dans ma décision.»
Prendre son temps
Alors que certains militants font pression pour que le PLQ se dote d'un nouveau chef le plus rapidement possible - avant le budget - pour tenir tête au gouvernement péquiste de Pauline Marois, Benoit Pelletier est plutôt d'avis que le parti a toute la latitude pour prendre son temps. Il ne s'attend pas à ce que Pauline Marois présente un budget à se point nocif pour que le gouvernement doive être renversé et il est d'avis que la Coalition avenir Québec ne sera pas en mesure, dès l'hiver prochain, de repartir en élections.
«Nous n'avons pas eu de course à la chefferie au PLQ depuis 1983, rappelle M.Pelletier. Ce n'est pas un caprice que de prendre quelques mois de plus pour faire un choix. Je crois que Jean-Marc Fournier et ses troupes peuvent très bien faire face au gouvernement lors du dépôt du budget. Il faut être prêt à toute éventualité, mais je serais très surpris d'un renversement du gouvernement dès l'hiver prochain.»
M.Pelletier devient le troisième candidat pressenti, après Sam Hamad et Lise Thériault, à renoncer à se présenter. L'ex-ministre de la Santé, Philippe Couillard, l'ex-ministre des Finances, Raymond Bachand, et l'ex-ministre des Transports, Pierre Moreau, seraient sur les blocs de départ, mais leur confirmation se fait attendre, tout comme celle de Pierre Paradis.