La présidente de la FÉUO, Anne-Marie Roy.

«Ce ne sont pas les meilleures blagues»

La présidente de la FÉUO, Anne-Marie Roy, a choisi d'amener cette conversation privée sur la place publique en raison du rôle de leader étudiant occupé par quatre des cinq jeunes hommes. Le cinquième, Bart Tremblay, prend la parole pour défendre ses amis et leur réputation.
D'emblée, M. Tremblay admet que lui et ses compagnons sont les auteurs des propos et il reconnaît que «ce ne sont pas les meilleures blagues». Il veut toutefois clarifier que ses amis et lui ne sont pas des monstres, ni des personnes violentes.
«On est du bon monde. Ce sont des leaders étudiants et ce n'est pas pour rien. Les gens leur ont fait confiance.»
Bart Tremblay dit se sentir particulièrement mal pour Alexandre Larochelle et Michel Fournier-Simard qui en sont à leur dernière année d'études. Il affirme qu'il s'en voudrait si cette histoire en venait à leur nuire sur le marché du travail. «C'est trois ou quatre ans avec un parcours exemplaire et ça finit comme ça.»
Humour noir
Le jeune homme est l'auteur des propos qui ont lancé la discussion à caractère sexuel à propos d'Anne-Marie Roy. Au départ, il affirme avoir partagé un fantasme à ses amis. La suite de la discussion a été exagérée pour que la confession devienne une blague.
M. Tremblay estime que ces blagues se rangent dans la catégorie de l'humour noir. Malgré tout, jamais il ne lèverait la main sur une femme, dit-il. «Entre nous, c'était implicite qu'on ne tolérerait pas ça, J'ai de la misère à tuer une mouche dans ma chambre. [...] J'ai déjà protégé une amie d'un homme trop insistant dans un bar. Je ne laisserais jamais quelque chose du genre se produire sans intervenir.»
Bart Tremblay révèle que l'humour noir a une force thérapeutique pour lui.
«J'ai été violé à l'âge de sept ans par un homme plus vieux. J'ai fait des années de thérapie. J'ai encore de la difficulté à dormir parfois. Aujourd'hui, je vis mieux avec ça. Ces blagues m'aident à dédramatiser tout ça.»
Mise en demeure
Anne-Marie Roy a de bonnes raisons d'être fâchée et inquiète des propos tenus par les cinq étudiants, croit M. Tremblay. Il estime tout de même que cette situation aurait dû être réglée en privé.
C'est pour cette raison qu'il lui a envoyé une mise en demeure.
«C'était une conversation écrite, c'est difficile de juger du ton. Dès qu'on a su qu'elle avait les messages entre ses mains, on a envoyé une lettre d'excuses. Ce n'était pas fait pour être vu.»
Pat Marquis et Alexandre Larochelle, quant à eux, ont préféré présenter des excuses publiques et démissionner de leurs fonctions d'élus étudiants, selon les journaux étudiants The Fulcrum et La Rotonde. Alexandre Giroux et Michel Fournier-Simard ont également fait de même, selon Bart Tremblay.
La mise en demeure pourrait être retirée.