Au début de l’année 2020, Cantley calculait que 28% des ordures ménagères totales de ses citoyens étaient du compost.
Au début de l’année 2020, Cantley calculait que 28% des ordures ménagères totales de ses citoyens étaient du compost.

Cantley va sévir contre les mauvais composteurs

Catherine Morasse
Catherine Morasse
Le Droit
Un an et demi après le lancement du programme de collecte des matières organiques de Cantley, les mauvais composteurs continuent de récidiver. Mais la municipalité pourrait sévir contre les boudeurs du bac brun « aussi tôt que cette semaine », les prévient la mairesse Madeleine Brunette. 

Les élus en ont fait le constat mardi soir, lors d’une séance régulière du conseil municipal : « nos citoyens ne compostent pas correctement », a souligné le directeur général de Cantley, Stéphane Parent. La municipalité aurait ciblé près de 400 maisons « problématiques », soit presque 10% du total des ménages de la municipalité. 

Depuis janvier 2019, les problèmes ont été multiples, a indiqué Mme Brunette. Pendant un bon moment, certains citoyens ont refusé d’adopter les bacs à ordures conformes de la municipalité, notamment en récupérant à Gatineau les anciens bacs grand format, devenus désuets lorsque la Ville a instauré l’usage des plus petits. D’autres ont teint leur bac à compost d’une autre couleur pour avoir un contenant d’ordures ou de recyclage additionnel. Ces problèmes se sont essentiellement résorbés, a-t-elle noté, mais on retrouve toujours dans les bacs bruns des matières non compostables. 

La mairesse de Cantley, Madeleine Brunette

Au début de l’année 2020, Cantley calculait que 28% des ordures ménagères totales de ses citoyens étaient du compost. Fausse bonne nouvelle : le contenu, de piètre qualité, a trop souvent pris le chemin du dépotoir. Une fois récupérés, les déchets organiques de Cantley sont mélangés à ceux de Gatineau. L’un des problèmes récurrents est que les cargaisons cantléennes contiennent des sacs en plastique compostables, qui sont tolérés à Gatineau. Les camions sont donc renvoyés prendre le chemin de la 307 lorsqu’ils en contiennent. 

Dans les prochaines années, Québec fermera plusieurs dépotoirs, dont un utilisé par Cantley. La municipalité sera limitée dans la masse de détritus qu’elle produit. Et les citoyens n’auront d’autre choix que de participer à l’effort de guerre, note la mairesse. 

« On m’a dit qu’il n’y avait aucun constat d’infraction qui avait été donné à ce jour. Ce n’est pas normal », s’inquiète Madeleine Brunette. 

« J’ai demandé à ce qu’on émette des constats d’infraction. Il y en a qui ont déjà reçu trois avertissements (…). Tant qu’on ne va pas piger dans la poche des citoyens, ils ne vont pas se conformer. » 

En vertu des règlements municipaux, il en coûtera de 100 à 500$ pour une première infraction, et de 300 à 1000$ pour une récidive. 

« Il faut commencer de façon rigoureuse à émettre des constats d’infraction, insiste la mairesse. On est rendus là. Ça fait un an et demi. Je pense qu’on a été patients, qu’on a été persévérants, et on est rendus là.»