La mairesse de Cantley, Madeleine Brunette
La mairesse de Cantley, Madeleine Brunette

Cantley fera analyser les pouvoirs de sa mairesse

Catherine Morasse
Catherine Morasse
Le Droit
Après la séance du conseil municipal houleuse de vendredi dernier, les élus ont été unanimes mercredi : Cantley demandera un avis juridique à savoir si sa mairesse, Madeleine Brunette, était en droit de remettre à l’ordre le conseiller Jean-Nicolas de Bellefeuille. 

Cette décision a été prise lors d’une séance extraordinaire tenue par vidéoconférence en fin d’après-midi. Le conseil a adopté la même résolution qui avait été proposée vendredi dernier, à laquelle Mme Brunette avait opposé son veto malgré une majorité de votes en faveur de son adoption. Mercredi, Mme Brunette s’est abstenue de voter. 

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Proposée par M. de Bellefeuille, la motion voulait que la municipalité verse jusqu’à 1200 $ pour que la firme Dufresne Hébert Comeau Avocats analyse les rôles de la mairesse au sujet d’une lettre de réprimande envoyée à un élu. Le 2 juillet, Mme Brunette a envoyé un courriel ramenant à l’ordre le conseiller du district des Lacs. Selon la mairesse, il aurait utilisé un langage grossier envers un fonctionnaire. Vendredi dernier, le conseiller a émis comme seul commentaire que ces allégations n’étaient pas fondées. Le Droit n’a pas pu obtenir copie de la lettre de réprimande. 

Selon le conseiller Aimé Sabourin, la situation entre l’élu et le fonctionnaire est déjà réglée à l’interne. Mme Brunette affirme qu’elle a relancé M. de Bellefeuille une troisième fois cette semaine pour régler leurs tensions à l’amiable, mais qu’il a refusé son invitation. Le conseiller n’a pas rendu les appels du Droit


« J’espère qu’on n’aura pas ce débat-là toutes les fois (qu’on attribue un contrat), parce que c’est un débat inutile.  »
Aimé Sabourin

Des doutes persistent 

Madeleine Brunette a toutefois émis des doutes après la rencontre du conseil municipal. Une deuxième motion proposée mercredi suggérait que la même question soit analysée par la firme Duclos Blais Avocats. Celle-ci a été refusée. 

Duclos Blais Avocats, explique la mairesse, est le cabinet qui a remporté un appel d’offres à l’automne 2019 pour représenter Cantley en matière de relations de travail. Pour sa part, la firme Dufresne Hébert Comeau s’occupe des questions de droit municipal. « Ils se penchent sur des réglementations municipales avec ce qu’ils appellent la Loi sur l’urbanisme et l’aménagement territorial, détaille Mme Brunette. Ils ont déjà une bonne part du gâteau. Pourquoi vouloir leur donner encore plus ? Ça m’incite à me questionner. » 

Habituellement, les points que les conseillers souhaitent apporter à l’ordre du jour lui sont envoyés avant les séances, explique la mairesse. Dans le cas de la motion voulant accorder le contrat à la firme Dufresne Hébert Comeau, celle-ci a été soumise directement au directeur général de la municipalité sans sa consultation. Elle affirme aussi avoir vu des conseillers discuter avec des représentants de ce cabinet dans des contextes de réseautage dans les mois suivant les appels d’offres. « C’est comme si on tentait de toujours tout diriger avec une seule firme, au lieu de demeurer objectifs et de garder les firmes qui avaient remporté cet appel d’offres, déplore-t-elle. C’est quoi l’idée ? (…) Ça pose un certain questionnement sur la transparence et sur le respect de nos propres règlements. » 

Pour sa part, le conseiller Aimé Sabourin réitère que les conseillers « ne sont pas des employés de la mairesse », et que cette question en est bel et bien une de droit municipal, plutôt que de « ressources humaines ». « J’espère qu’on n’aura pas ce débat-là toutes les fois (qu’on attribue un contrat), parce que c’est un débat inutile. » 

Une publication Facebook choque 

À la troisième et dernière résolution de la séance de mercredi, les élus se sont entendus pour déclencher une enquête afin de retrouver l’auteur d’un commentaire « inapproprié » sur Facebook. 

Dans une longue publication suivant un article du Droit du 24 juillet, une internaute qui prétend être la fille d’un ancien directeur général de Cantley accuse les conseillers Aimé Sabourin et Louis Simon Joanisse de « toujours (être) en train de magouiller dans le dos des élus et (de la) mairesse ». 

Le conseil municipal versera jusqu’à 1500 $ à la firme Sirco pour trouver l’auteur de ce message. « Je n’ai aucune idée de qui ça pourrait être, déplore M. Sabourin. Ça ne prend qu’une personne qui n’aime pas un conseiller municipal ou un élu, et tout le gang va en subir les conséquences. (…) Quand ce sont des faussetés, des allégations qui peuvent ruiner votre carrière et même votre vie familiale, là, ça ne marche pour aucun membre du conseil. »