Cantley va octroyer un mandat à la firme Dufresne Hébert Comeau pour préparer et entreprendre une procédure d’injonction envers Facebook afin que le média social fasse exception à ses règlements sur la vie privée et divulgue les informations nécessaires pour retrouver la personne.
Cantley va octroyer un mandat à la firme Dufresne Hébert Comeau pour préparer et entreprendre une procédure d’injonction envers Facebook afin que le média social fasse exception à ses règlements sur la vie privée et divulgue les informations nécessaires pour retrouver la personne.

Cantley : 6000$ pour démasquer l’auteur de propos « inappropriés »

Catherine Morasse
Catherine Morasse
Le Droit
La municipalité de Cantley versera jusqu’à 6000$ afin de continuer sa quête pour démasquer l’auteur de commentaires jugés inappropriés sur Facebook.

Une majorité d’élus ont voté en faveur de cette dépense, mardi soir, lors d’une séance régulière du conseil municipal. La résolution aura comme effet d’octroyer un mandat à la firme Dufresne Hébert Comeau (DHC) pour préparer et entreprendre une procédure d’injonction envers Facebook afin que le média social fasse exception à ses règlements sur la vie privée et divulgue les informations nécessaires pour retrouver la personne.

Dans une publication suivant un article du Droit du 24 juillet, une internaute qui prétendait être la fille d’un ancien directeur général de Cantley accusait deux conseillers de « toujours [être] en train de magouiller dans le dos des élus et [de la] mairesse ». De nouveaux messages « douteux » auraient été publiés depuis, notamment sur la page Facebook de l’Écho de Cantley, ont rapporté les conseillers.

Lors de sa dernière séance, le conseil avait accepté d’accorder jusqu’à 1500$ à la firme Sirco pour qu’elle fasse une première enquête. La compagnie n’est pas parvenue à identifier l’auteur, mais son rapport a formulé deux conclusions : le commentaire a été publié sous un faux profil, et il a été écrit en Pologne.

La conseillère Jocelyne Lapierre a exprimé son désaccord avec la résolution. « On fait face à un commentaire Facebook. Puis on vient de dépenser 1500$ [qui viennent] de fonds publics, a-t-elle soulevé. J’ai de la misère à prendre des fonds publics quand ce n’est même pas dans l’intérêt des citoyens. […] Là, on va dire oui à 6000$. Ça va être quoi après? »

Pour sa part, l’élu du district de la Rive Jean-Benoît Trahan a indiqué vouloir « casser un moule qui semble se mettre en place dans notre municipalité ». « J’aurais envie que l’on émette un communiqué de presse et que nous passions à autre chose. Je vais voter pour, pour la démocratie. »

Le conseil a aussi voté pour rendre public le rapport de la firme Sirco.

L’avis juridique restera confidentiel

La semaine dernière, la firme DHC a rendu son analyse des pouvoirs et responsabilités de la mairesse Madeleine Brunette. L’avis juridique, demandé après qu’elle ait envoyé une lettre de réprimande au conseiller Jean-Nicolas de Bellefeuille, tranche que sa missive n’avait aucun poids légal.

La mairesse de Cantley, Madeleine Brunette

Cet avis confidentiel a coûté environ 1200$ à la municipalité. À la séance du conseil, il a été proposé qu’il soit rendu public; ayant eu une égalité de votes en faveur et en défaveur, la résolution a été rejetée.

Pour sa part, la mairesse affirme avoir dépensé 900$ de sa poche pour obtenir son propre avis juridique. Elle soutient que ce document reconnaît qu’un maire peut « communiquer avec un conseiller municipal contrevenant à ses obligations déontologiques » pour lui faire « un rappel de ses obligations, donc de le ramener à l’ordre ».

M. De Bellefeuille a indiqué avoir demandé de la mairesse une rétractation qui n’est pas venue. Plus tard en soirée, Mme Brunette a dit être toujours en réflexion à savoir si elle voulait présenter un dossier à la Commission municipale du Québec, mais qu’elle préférerait aborder la question « un à un » avec le conseiller, avec une troisième partie neutre, si nécessaire.

M. De Bellefeuille a répété s’être senti « intimidé » par la lettre de réprimande. « Franchement, a rétorqué la mairesse. Moi je me dis, si le chapeau te fait, mets-le. Il n’arrête pas de se défendre. Est-ce que c’est parce qu’il a quelque chose à cacher? »

Lors de la séance, ce dossier a créé un malaise auprès des autres élus. La conseillère Sarah Plamondon a déploré qu’on aille « laver notre linge sale en public », tandis que Mme Lapierre a souligné une ambiance « lourde » entre collègues. « Je vous enjoins à discuter ensemble pour trouver une solution commune à la situation », a renchéri M. Trahan.

Une nouvelle scène extérieure

Cantley construira une nouvelle scène extérieure dans le parc Mary-Anne-Phillips.

Les élus ont voté pour lancer sa construction au coût 80 000$. Des activités y seront tenues tout au long de l’année, y compris en hiver. La scène permettra « le développement de soi et des arts », s’est réjoui M. Trahan.