En temps de canicule, les producteurs de fraises, de framboises et de salade s'avèrent particulièrement vulnérables.

Canicule: un été peu reposant pour les agriculteurs

Les avertissements de chaleur diffusés par Environnement Canada pour le sud du Québec annoncent la suite d'un été pénible pour bien des agriculteurs de la province.

Même si le mois d'août tire à sa fin, le temps chaud et humide ne semble pas près de se dissiper dans les prochains jours, avec une valeur d'humidex pouvant grimper jusqu'à 43 mardi.

Le président général de l'Union des producteurs agricoles, Marcel Groleau, souligne que cet épisode ne manquera pas d'affecter plusieurs de ses membres, à l'instar des autres canicules qui ont marqué la saison estivale.

Les producteurs de fraises, de framboises et de salade s'avèrent particulièrement vulnérables, selon M. Groleau.

Si des systèmes d'irrigation peuvent pallier une éventuelle période de sécheresse, la réponse à la chaleur n'est pas aussi évidente.

Les fruits mûrissent alors à un rythme accéléré et leur conservation se complique. Sans compter que l'autocueillette attire beaucoup moins de récolteurs.

«Il n'y a pas beaucoup de solutions lorsqu'arrive une période de canicule dans ces productions-là. C'est des pertes pour les producteurs», se désole M. Groleau.

Dans les étables et les porcheries, la situation peut aussi devenir intenable.

Même si leur aération s'est généralement améliorée au cours des dernières années, ce ne sont pas tous les producteurs qui se sont dotés en plus d'un système de brumisation pour rafraîchir les bêtes.

«Si on a de plus en plus de périodes de canicule, c'est sûr que malgré les coûts, les producteurs vont devoir s'équiper de ça pour des questions de confort des animaux, de rentabilité et de gestion des risques», note le dirigeant de l'UPA.

Animaux oisifs

Car en temps de canicule, les animaux, à l'instar des humains, versent dans l'oisiveté.

«Les animaux vont rester couchés, ils vont manger moins, expose M.Groleau. Un porc qui consomme moins de moulée va engraisser moins vite. Une vache qui consomme moins d'eau et mange moins va produire moins de lait.»

Du côté des producteurs de foin et pâturage, l'été a été si dur que la Financière agricole du Québec leur a versé une avance «sans précédent» de plus de 27 millions $ en assurance récolte.

Dans l'ensemble des cultures souffrant du «manque généralisé de précipitations», la Financière enregistrait 2 080 avis de dommages à la mi-août, comparativement à une moyenne de 376 pour la même période au cours des cinq dernières années.