Depuis le début de l’été, de nombreux campeurs se sont installés sur les plages de la Gaspésie, causant des désagréments pour les riverains.
Depuis le début de l’été, de nombreux campeurs se sont installés sur les plages de la Gaspésie, causant des désagréments pour les riverains.

Camping sauvage en Gaspésie : le PQ exhorte Québec d’agir

Simon Carmichael
Simon Carmichael
Initiative de journalisme local - Le Soleil
Le Parti québécois demande à Québec «d’envoyer un message fort» et d’agir dans le dossier du camping sauvage en soutenant les municipalités dans leurs efforts pour serrer la vis aux contrevenants, notamment en faisant appliquer les règlements provinciaux sur les plages.

Alors que la grogne ne cesse de se faire sentir en Gaspésie vis-à-vis des campeurs itinérants qui ont pris d'assaut les plages de la péninsule, le Parti québécois (PQ) réclame une intervention rapide du gouvernement du Québec. «Cette situation occasionne des problèmes de salubrité, de coexistence avec les citoyens de la région et des rassemblements trop serrés en période de pandémie», note la députée péquiste de Gaspé et porte-parole en matière de tourisme, Méganne Perry-Mélançon. 

La députée demande à la vice-première ministre et ministre de la Sécurité publique, Geneviève Guilbault, de venir faire l’état des lieux des plages gaspésiennes afin de lancer un message aux visiteurs; faites preuve de civilité et respectez les règles. 

Elle réclame ensuite que le gouvernement provincial accorde un budget spécial pour financer les opérations de la Sûreté du Québec (SQ) qui gravitent autour des plages, particulièrement lors de la période estivale. La députée de Gaspé demande à Québec de travailler avec les municipalités afin que les plus touchées d’entre elles puissent embaucher des agents de sécurité pour patrouiller les plages. 

Méganne Perry-Mélançon souhaite aussi voir une surveillance particulière des plages de la région afin d’éviter «qu’elles ne se transforment en lieu d’hébergement». 

Au gouvernement provincial

Si cette saga du camping sauvage semble s’éterniser, c’est que les plages, étant propriété du gouvernement provincial, ne peuvent pas être régies par les élus municipaux. Le règlement interdisant les véhicules motorisés sur les milieux fragiles, par exemple, ne pourrait être appliqué par la SQ que lorsqu’un représentant du ministère de l’Environnement est sur place pour constater une infraction, comme la législation découle de la loi sur la qualité de l’environnement.  

Depuis le début du déconfinement, la SQ est allée à de nombreuses reprises faire des patrouilles et de la sensibilisation sur les plages les plus achalandées par les campeurs nomades, mais n’a remis aucun constat d’infraction. «Moi aussi je suis de Gaspé, moi aussi ça me décourage, mais on a pas le droit de donner de tickets si le ministère de l'Environnement n’est pas là», laisse tomber un policier lors d’une patrouille à la plage de Douglastown.

En raison de la pandémie de COVID-19 et de la fermeture des frontières internationales, la Gaspésie est fortement achalandée par les touristes cet été. 

«Ça n'a pas de bon sens»

En marge du point de presse sur la COVID-19, la vice-première ministre et ministre de la Sécurité publique, Geneviève Guilbault, a dit être extrêmement choquée des dérapages qui sont survenus sur les plages de la Gaspésie. «Ça me brise le coeur de voir des images comme ça», lance Mme Guilbault. Elle s'est cependant dite satisfaite de voir une hausse des Québécois qui voyagent en province. «C'est une des conséquences positives de la COVID», dit-elle.