L’an dernier, pas moins de 20 millions de coquelicots ont été distribués à travers le pays, ce qui avait permis d’amasser 16 millions $ en dons pour les divers services aux vétérans et à leur famille. De cette somme, 800 000 $ sont allés au Québec.

Campagne du coquelicot au Québec: des bénévoles inattendus arrivent en renfort

MONTRÉAL — La marque d’affection que les vétérans reçoivent ces derniers jours au Québec a de quoi surprendre. Ils s’avouent dépassés par les événements et profondément touchés.

Les cérémonies en marge du jour du Souvenir sont bien amorcées, mais ce qui sort de l’ordinaire, c’est la ligne téléphonique de la direction provinciale du Québec de la Légion royale canadienne qui ne dérougit plus depuis une semaine, soit depuis la parution d’un article de La Presse canadienne soulignant que les vétérans bénévoles manquaient de relève, particulièrement pour la campagne du coquelicot au Québec.

Dans une nouvelle entrevue, le président Kenneth Richard Ouellet était très heureux de ce dénouement inattendu pour ses filiales au Québec. Il a aussi donné l’exemple de Thetford Mines, où la filiale de la Légion royale canadienne est fermée depuis plus de cinq ans, faute de membres.

«Il y a des gens de Thetford Mines qui ont appelé. Ils vont y faire une campagne de coquelicot avec l’aide de la direction provinciale.»

À Montréal, sa directrice générale, Paulette Cook, confirme qu’elle reçoit de nombreux appels et courriels, surtout de civils, mais aussi de familles de militaires qui veulent leur donner un coup de main.

«On a trouvé ça très chaleureux que les gens nous approchent comme ça, cette année, alors qu’on a besoin d’aide. Ça prenait une interview pour leur faire réaliser la situation», a-t-elle affirmé à La Presse canadienne.

Elle a aussi expliqué qu’il n’est pas nécessaire d’être un militaire ou de devenir membre de la légion pour se porter volontaire durant la campagne du coquelicot. Les bénévoles sont toutefois pris en charge par les filiales.

Mme Cook confie aussi que ce n’est pas facile pour leurs bénévoles de longue date qui ne peuvent plus participer à la campagne du coquelicot pour des raisons de santé.

«Il y a des gens qui nous disent que ça fait 30, 40, 50 ans qu’ils font ça, mais qu’ils ne peuvent plus le faire. Ça leur fait mal au coeur aussi, mais on est content que les jeunes commencent à nous approcher. On espère qu’il y en aura de plus en plus dans le futur.»

L’an dernier, pas moins de 20 millions de coquelicots ont été distribués à travers le pays, ce qui avait permis d’amasser 16 millions $ en dons pour les divers services aux vétérans et à leur famille. De cette somme, 800 000 $ sont allés au Québec, selon M. Ouellet, d’où l’importance d’être en mesure de recruter des bénévoles.

Les gestes spontanés des derniers jours ont de quoi réjouir la direction provinciale du Québec de la Légion royale canadienne, qui y voit aussi l’espoir d’y attirer la relève.

«C’est toujours du bouche-à-oreille. On espère que les gens qui vont faire du bénévolat voudront revenir l’an prochain, peut-être même avec un ami ou de la famille. Alors, on espère que ça va attirer le monde», avoue candidement Paulette Cook.

Le port du coquelicot est aussi une façon de rendre hommage aux vétérans, quels qu’ils soient, pour tous les services rendus, parfois même au péril de leur vie.