Nancy Raymond, présidente de la campagne Des Ailes pour Elles, et son cabinet de campagne.

Campagne de microcrédit pour les femmes

Ce qu’on croit être la plus grosse campagne de microcrédit pour les femmes au Québec a été lancée en décembre, mais prendra véritablement son envol début 2018.

L’organisme Option Femmes Emploi, qui pilote l’initiative, espère amasser 500 000 $ en trois ans pour aider 25 femmes à se lancer en affaires ou à consolider leurs entreprises déjà existantes.

On a demandé à la femme d’affaires Nancy Raymond, présidente du franchiseur Steamatic de Gatineau, de prendre les rênes de cette initiative. Et pour mener à bien le projet, cette dernière s’est entourée d’un « cabinet de campagne » composé de « 13 femmes influentes » de l’Outaouais, des entrepreneures et intrapreneures de chez nous qui ont la bosse des affaires.

En Outaouais, seulement 6,4 % des entreprises ont des femmes pour propriétaires. Pourquoi cette si faible présence des femmes au sommet des entreprises ?

« La femme n’osera peut-être pas se lancer en affaires, explique Nancy Raymond. [...] Elle va plutôt prioriser les enfants, la famille, l’entourage, le conjoint et un jour, elle espère pouvoir accéder à son rêve. Nous, ce qu’on espère pouvoir faire, c’est de leur dire que le rêve est possible ; il est accessible ».

La campagne gérée par Nancy Raymond et ses ambassadrices porte le nom « Des Ailes pour Elles ». 

Cette campagne de capitalisation compte octroyer à des femmes des prêts pouvant atteindre jusqu’à 20 000 $, selon le principe du microcrédit. À cela pourrait s’ajouter de l’aide pour élaborer un plan d’affaires, de la formation en marketing et en finances et du mentorat.

« On veut sortir les femmes de l’isolement. [...] De savoir s’entourer, c’est souvent la clé du succès », soutient Mme Raymond.

« La femme, c’est dans son ADN : elle est née avec un sens de la culpabilité assez élevé et on a peut-être un peu moins de courage et de confiance en nous que les hommes, poursuit-elle. [...] Un homme a peut-être un peu plus de guts ou de courage. La femme va y penser, va défaire son idée, va la refaire... Avant qu’elle saute, ça va être très réfléchi. »

On espère donc que les 20 000 $ puissent servir de bougie d’allumage pour les femmes entrepreneures, pour obtenir ensuite un financement plus généreux de la part des banques à charte. 

Pour Option Femmes Emploi, ce système de prêts s’autofinance : « les prêts accordés aux nouvelles entreprises sont remboursables, et les sommes remboursées reviendront dans le capital du fonds (d’investissements de 500 000 $ que l’on espère amasser) et serviront au financement d’autres entreprises », explique un document de l’organisme sans but lucratif.

« Je crois beaucoup à l’entrepreneuriat au féminin, affirme Mme Raymond. Les femmes sont structurées, sont organisées. On a une résilience assez incroyable. » 

Une semaine après son lancement officiel, le 11 décembre dernier, la campagne avait déjà récolté près de 80 000 $ en dons d’« anges financiers ».

L’organisme Option Femmes Emploi a aidé plus de 18 000 femmes entrepreneures en 37 ans d’existence.