Le gouvernement du Québec a fait un pas de plus vers l'ouverture de la chasse à l'écureuil.
Le gouvernement du Québec a fait un pas de plus vers l'ouverture de la chasse à l'écureuil.

«Ça pourrait nuire à l’animal»

Benoit Sabourin
Benoit Sabourin
Le Droit
Alors que le ministre des Forêts, de la Faune et des Parcs, Luc Blanchette, vient de mettre sur pied un comité d’étude pour évaluer la pertinence d’ouvrir la chasse à l’écureuil, l’activité, si elle devait être permise un jour par Québec, ne risque pas de susciter un engouement outre mesure en Outaouais.

C’est du moins l’avis du chroniqueur et expert-conseil chasse et pêche du Droit Jean Larivière. 

« Je ne pense pas que les chasseurs de gros gibiers, les chasseurs aguerris, vont partir à la recherche d’écureuils. Ça risque plutôt d’attirer les jeunes adeptes et la relève. Je ne pense pas que ça va faire fureur. Des gens qui mangent de l’écureuil, je n’en connais pas », indique ce dernier.

Chasseur de longue date dans la région, M. Larivière, qui pratique le sport depuis 54 ans, croit également que l’écureuil n’est pas suffisamment abondant en Outaouais pour justifier qu’on le traque.

« Les beaux écureuils qu’on voyait avant dans les forêts, dans les années 70 ou 80, on en voit plus autant. En ville non plus, on n’en voit pas à la tonne. D’après mon expérience dans la région, ce n’est pas comme si la population d’écureuils était florissante en Outaouais », dit-il.

Ce dernier estime par ailleurs que l’arrivée d’un tel sport pourrait nuire à l’animal, d’autant plus que les balises, même si elles sont nombreuses et contraignantes, seraient difficiles à mettre à exécution.

« Si l’écureuil devenait une délicatesse, un mets très recherché, ce ne serait pas bon pour les populations. Il y aurait un risque de braconnage. Cacher un écureuil, c’est beaucoup plus facile que de cacher un chevreuil. Au niveau des interventions, ça risque d’être très limité. Ce sera difficile à contrôler avec la centaine d’agents de conservation que nous avons à travers la province », affirme M. Larivière.