La présidente de l'ACFO, Soukaina Boutiyeb
La présidente de l'ACFO, Soukaina Boutiyeb

Budget en Ontario: encore du « rattrapage » à faire, selon des organismes franco-ontariens

Jean-Simon Milette
Jean-Simon Milette
Le Droit
Le dernier budget de l’Ontario, déposé jeudi, a été plutôt bien reçu par des organismes francophones de la province. Ces derniers rappellent toutefois qu’il y a encore du « rattrapage qui doit être fait » par le gouvernement ontarien.

« On voit qu’il y a au moins une reconnaissance de la communauté francophone ontarienne. C’est certainement un pas vers l’avant, mais le ministère des Affaires francophones doit continuer d’en faire plus », explique la présidente de l’Association des communautés francophones d’Ottawa (ACFO), Soukaina Boutiyeb, en entrevue avec Le Droit.

Le président de l’Assemblée de la francophonie de l’Ontario (AFO), Carol Jolin, confiait au Droit le mois dernier qu’en raison de la pandémie de COVID-19 des dizaines d’organismes francophones en province sont menacés de disparition si une aide gouvernementale ne leur était pas accordée avant la fin de la présente année.

Le budget ontarien présenté jeudi contient un fonds de secours de 1 million $ qui sera distribué aux organismes à but non lucratif francophones de la province en 2020-2021. Un autre million est aussi prévu à cet effet en 2021-2022.

« En toute honnêteté, cette aide financière n’est pas suffisante. Quand on pense au nombre d’organismes francophones qui existent et qui ont une mission qui répond à des besoins bien particuliers, on se rend compte que ce n’est pas assez. »

« Il faut reconnaître le problème de la pandémie. Elle a eu un lourd impact à tous les niveaux. Quand on parle d’une relance économique, la relance doit être faite en n’oubliant aucune part, surtout le milieu communautaire. C’est l’épicentre de la communauté. C’est ce milieu qui a permis de répondre à différents besoins durant la pandémie. Il y a des organismes qui ont dû aller au-delà de leur mission pour répondre aux besoins de la communauté », indique Mme Boutiyeb.


« Si on avait obtenu un financement adéquat dès le départ, on ne se retrouverait pas dans une telle situation. Il y a un réel rattrapage qui doit être fait. »
Soukaina Boutiyeb

Selon la présidente de l’ACFO, un support financier adéquat envers les organismes franco-ontariens aurait pu prévenir une telle situation.

« Initialement, nous n’avions pas un financement adéquat de la part de la province pour les organismes francophones, ce qui fait qu’il y en a qui étaient déjà fragiles avant la crise de la COVID-19. Si on avait obtenu un financement adéquat dès le départ, on ne se retrouverait pas dans une telle situation. Il y a un réel rattrapage qui doit être fait. »

Une aide bienvenue

Du côté de l’AFO, l’annonce de l’aide financière octroyée par le gouvernement de l’Ontario a été bien accueillie.

« L’AFO travaille très fort depuis le début de la crise à protéger les organisations franco-ontariennes et à en assurer leur survie en recueillant des données et en communiquant régulièrement sur ces questions avec les gouvernements », a mentionné M. Jolin. 

« Je suis heureux que le gouvernement de l’Ontario, et plus particulièrement la ministre des Affaires francophones, nous ait entendus et souhaite poursuivre la discussion au sein du groupe de travail annoncé aujourd’hui », enchaîne-t-il.

L’organisme se réjouit également de la création d’un groupe de travail composé de membres du ministère des Affaires francophones de l’Ontario et de l’AFO. Ce groupe veillera principalement à s’assurer que les fonds annoncés par le gouvernement sont bel et bien distribués aux organisations francophones.