En marge des consultations prébudgétaires, le président de l’Assemblée de la francophonie de l’Ontario, Carol Jolin, a exposé ses demandes devant le Comité permanent des Finances et des Affaires économiques de l’Ontario.
En marge des consultations prébudgétaires, le président de l’Assemblée de la francophonie de l’Ontario, Carol Jolin, a exposé ses demandes devant le Comité permanent des Finances et des Affaires économiques de l’Ontario.

Budget 2020: l'AFO formule cinq recommandations au gouvernement

Daniel LeBlanc
Daniel LeBlanc
Le Droit
L’inclusion de l’identité linguistique sur la carte Santé d’ici un an et une hausse marquée du nombre de lits de soins de longue durée désignés sont parmi les recommandations de l’Assemblée de la francophonie de l’Ontario (AFO) dans un mémoire déposé en marge des consultations prébudgétaires de la province.

Le président de l’organisme, Carol Jolin, a exposé ses demandes mardi devant le Comité permanent des Finances et des Affaires économiques de l’Ontario, rappelant du même coup que les cinq recommandations mises de l’avant ont été proposées et adoptées par la communauté.

L’AFO soutient que quoique la mesure ait été confirmée dans le budget 2017-2018 puis adoptée à l’unanimité à Queen’s Park il y a 15 mois, le projet de captation de la variable linguistique sur les millions de cartes Santé en circulation « tarde à se matérialiser ». Il ajoute que les intervenants francophones du milieu de la santé appuient l’initiative depuis le tout début et que cette mesure permettra par exemple au gouvernement « de mieux cerner les besoins en matière de formation de professionnels de la santé pouvant s’exprimer en français ». On demande à la province que ce projet, qui « facilitera un système de santé plus performant, de qualité et efficient », devienne réalité d’ici l’hiver 2021. 

Précisant que des services inadéquats dans la langue de Molière peuvent avoir des effets néfastes sur les aînés francophones, par exemple lorsqu’une démence entraîne l’oubli de la deuxième langue parlée d’une personne, l’AFO souhaite que le gouvernement Ford effectue un rattrapage au chapitre de l’offre francophone à des lits de soins de longue durée désignés. Celle-ci est restreinte voir inexistante dans plusieurs régions, signale-t-on.

Le gouvernement a annoncé l’an dernier avoir l’intention d’ajouter à travers la province 15 000 lits de soins de longue durée sur une période de cinq ans. 

Selon l’organisation, le Commissariat aux services en français a révélé en 2018 que les municipalités avaient identifié un lit désigné par tranche de 3400 francophones, alors que cette proportion pour le reste de la population est d’un lit pour 170 habitants.

On recommande aussi que les ministères du Commerce international et des Affaires francophones conçoivent en partenariat un plan d’action visant à stimuler l’économie des entreprises offrant des services en français, en plus de se servir de l’adhésion à l’Organisation internationale de la francophonie (OIF) comme d’un moteur pour l’économie. 

L’AFO rappelle au gouvernement que « le français est bon pour les affaires », précisant par exemple que le bilinguisme rapporte 1,4 milliard $ en revenus d’exportations interprovinciales et internationales au Nouveau-Brunswick, une province dont la population francophone est trois fois moins élevée que l’Ontario. 

Selon une étude sur les avantages économiques du bilinguisme en sol ontarien réalisée en collaboration avec le Conference Board du Canada, la présence du français ne rapporte qu’un « faible » 58 millions $ en exportations et le quotient d’échanges avec les états membres de l’OIF est au négatif. Les importations atteignent une valeur de 13,8 G$, tandis que les exportations frôlent les 3 G$. 

Un investissement dans les arts et la culture francophones est une autre recommandation de l’AFO, qui propose entre autres d’augmenter de 10 millions $ le financement du Conseil des arts de l’Ontario.

On incite également le gouvernement Ford à « assurer une perspective francophone dans sa révision des finances publiques et dans sa création de programmes » dans le but d’assurer la pérennité des institutions francophones. 

Le budget 2020 de l’Ontario sera déposé au printemps à une date qui reste à déterminer.