Gilles Desjardins croit que la Ville de Gatineau devrait être plus accueillante pour les promoteurs afin d’offrir une meilleure compétition aux banlieues qui l’entourent, ainsi qu’à Ottawa.

Brigil: Desjardins prêt à répliquer

Le grand patron de Brigil, Gilles Desjardins, prévient les élus gatinois : il entend prendre la parole lorsqu’il estime recevoir un mauvais service de la part de la Ville.

Le promoteur annonçait mercredi qu’il commencera prochainement la construction de la phase III de son Domaine du Vieux-Port situé en bordure de la rivière Gatineau, près du pont Alonzo. Selon lui, ce projet est un exemple de plus des difficultés qu’ont les entrepreneurs à travailler avec la Ville de Gatineau alors que des « lenteurs administratives » auraient retardé le début des travaux de trois ans.

« À partir de maintenant, je veux être transparent. Les projets où on investit, si la Ville les retarde, je vais le dénoncer. [...] Le Vieux-Port, on était supposé passer [au conseil municipal] le 21 novembre et c’est pour ça qu’on avait prévu notre conférence de presse le 22, soutient M. Desjardins. On nous a promis que ça passerait le 12 décembre, mais si ça ne se passe pas, je vais sortir publiquement. Dans le passé, je me taisais. »

Gilles Desjardins croit que la Ville de Gatineau devrait être plus accueillante pour les promoteurs afin d’offrir une meilleure compétition aux banlieues qui l’entourent, ainsi qu’à Ottawa. Il estime que le développement immobilier — particulièrement les constructions à forte densité — est la meilleure façon de générer de nouveaux revenus et, du même coup, limiter les hausses de taxes des citoyens.

« Si la Ville nous donne des services adéquats — pas de traitement de faveur — seulement avec nous, elle va générer 550 millions $ de revenus dans les prochains 20 ans. Seulement nous. Imaginez si on met tous les entrepreneurs ensemble. C’est énorme ! »

Relations tendues

Au cours de la dernière campagne électorale, le grand patron de Brigil et Maxime Pedneaud-Jobin — réélu maire de Gatineau le 5 novembre — ont eu quelques échanges publics plutôt corsés. M. Desjardins avait notamment affirmé que « si Action Gatineau rentre majoritaire », qu’il craignait pour « notre économie » et que l’on « perde le contrôle de notre ville ».

La volonté du promoteur de construire deux tours de 35 et 55 étages sur la rue Laurier est évidemment au centre du litige entre les deux hommes. Gilles Desjardins est toutefois confiant que l’étude de son projet se déroulera bien et espère que le premier magistrat laissera le processus administratif suivre son cours, sans intervention politique.

« Si le maire, le projet, il ne l’aime pas, je respecte son opinion, je demande juste qu’il respecte la mienne. Peut-on juste laisser d’autres professionnels étudier le projet ? Moi, je ne suis pas un architecte, je suis un promoteur. Je ne suis pas un historien, je suis un promoteur. Je ne suis pas un urbaniste, je suis un promoteur. Est-ce qu’on peut laisser les professionnels faire leur travail ? », réclame l’homme d’affaires.

M. Desjardins conclut en se disant satisfait du choix des Gatinois lors des élections municipales. « Je suis très positif pour le futur », dit-il.