« Dans l’Outaouais, il y a beaucoup d’attentes par rapport au développement de nouvelles offres de formation », reconnaît le ministre de l’Emploi et de la Solidarité sociale, François Blais.

Blais s’arrête à Gatineau

Le manque de programmes de formation professionnelle en Outaouais pose problème à des employeurs de la région quand vient le moment de recruter de la main-d’œuvre qualifiée, et le message a été passé au ministre de l’Emploi et de la Solidarité sociale, François Blais.

Le ministre Blais était à Gatineau lundi après-midi où il a rencontré des membres du Conseil régional des partenaires du marché du travail et d’autres acteurs du développement économique de l’Outaouais dans le cadre de sa tournée de consultation sur le marché du travail et l’emploi qui débouchera au printemps prochain sur la première stratégie nationale sur la main-d’œuvre au Québec.

Antoine Normand, un des représentants patronaux au sein du Conseil, a signalé que des entreprises à Gatineau perdent le savoir-faire de milliers de jeunes qui vont étudier dans les collèges et les universités à Ottawa parce que des programmes d’enseignement ne sont pas offerts du côté québécois de la rivière des Outaouais. Plusieurs d’entre eux ne reviendront pas travailler en Outaouais, entre autres parce que la formation n’est pas nécessairement reconnue au Québec pour revenir y travailler.

« Il y a beaucoup de domaines en matière de formation professionnelle dont on ne tient pas compte régionalement. Je donne l’exemple de techniciens en archives médicales ou de techniciens en laboratoire dans certains domaines. Il y en a en masse dans d’autres régions du Québec, mais nous n’en avons pas ici. Parce qu’on ne les forme pas ici, nos entreprises sont incapables de recruter », a expliqué M. Normand, de l’entreprise informatique BlueBear à Gatineau. 

« Dans d’autres régions, il y a un surplus de disponibilité. Il faut faire réaliser au ministre que ce n’est pas parce qu’il y a assez de formation qui se donne à Montréal que nous n’avons pas de problèmes de recrutement ici. Nous sommes en compétition avec l’Ontario. Nos entreprises compétitionnent avec celles de l’Ontario et le gouvernement fédéral pour recruter le même monde », a-t-il continué.

Le ministre Blais a bien entendu le message.

« Dans l’Outaouais, il y a beaucoup d’attentes par rapport au développement de nouvelles offres de formation », a-t-il dit.

François Blais reconnaît que l’Outaouais a des défis particuliers en raison de sa situation frontalière avec l’Ontario.
« Il y a aussi la Haute-Gatineau avec des réalités très différentes, avec un taux de chômage plus important. Il n’y a pas une seule Outaouais. Il y a plusieurs régions (à l’intérieur de l’Outaouais) avec des problèmes différents. Une chose qui fonctionne assez bien est que de plus en plus des entreprises s’occupent de plus en plus de la formation. Elles ne peuvent plus attendre. Elles forment chez elles. En général, elles le font en collaboration avec le milieu de l’éducation », a-t-il noté.

Une dizaine de ministères québécois sont impliqués dans la préparation de la stratégie sur la main-d’œuvre. Selon le ministre, il existe des pénuries de main-d’œuvre dans toutes les régions du Québec.

« Il faut trouver ensemble des mécanismes pour donner un coup de main à notre économie pour qu’on puisse trouver encore de la main-d’œuvre dans les prochaines années. Nous avons un gros défi démographique en ce moment », a précisé M. Blais.

« Ça a un impact économique. Il y a des contrats qui ne se prennent pas par des entreprises, il y a des développements qui ne se feront pas et il y a même des entreprises – et je ne parle pas d’ici, mais j’ai entendu ça dans d’autres régions – qui risquent de se délocaliser parce qu’elles ne trouvent pas la main-d’œuvre pour le travail. C’est un gros enjeu pour le développement économique du Québec », a continué le ministre de l’Emploi et de la Solidarité sociale.