La ministre ontarienne des Affaires francophones, Marie-France Lalonde

Bilan d’une première année sur la scène internationale

Le 26 novembre 2016, l’Ontario obtenait le statut d’observateur au sein de l’Organisation internationale de la francophonie lors du Sommet de la Francophonie d’Antananarivo à Madagascar.

La ministre ontarienne des Affaires francophones, Marie-France Lalonde, y était et la première ministre Wynne y assistait par vidéoconférence. Pour les Franco-Ontariens, l’Ontario devenait ainsi un acteur international francophone.

Un an plus tard, Le Droit rattrape au vol la même ministre au téléphone alors qu’elle se déplace en taxi à Paris vers l’aéroport, pour prendre l’avion pour Toronto. Elle est justement de retour de trois jours de sessions intenses au siège social de l’OIF. Quel bilan fait-elle de cette première année au sein d’une haute instance internationale francophone ?

Selon la ministre Lalonde, l’aspect « rapprochement » est primordial dans ce dossier. L’accès pour l’Ontario à 83 États et gouvernements dont l’espace économique représente plus d’un milliard de personnes n’est pas négligeable. « C’est là une des rares occasions qu’a la province d’appartenir à un organisme international de façon autonome et de mettre en avant ses priorités », souligne un document de travail de la ministre.

La ministre loue aussi la participation de la province à des événements internationaux majeurs grâce à l’OIF et ce, des Jeux de la francophonie en Côte d’Ivoire, en juillet dernier, à la Conférence des femmes de la francophonie en Roumanie, au début du mois. En un an, l’Ontario a participé à huit événements internationaux francophones depuis son adhésion à l’OIF ; les deux plus récents étant ceux de ce week-end : le Conseil permanent de la francophonie (vendredi dernier) et la Conférence ministérielle de la francophonie (samedi et dimanche), à Paris, dans les deux cas. Dimanche, en début de journée, Mme Lalonde prononçait une allocution dans laquelle elle revisitait l’engagement de l’Ontario envers l’OIF et les accomplissements de cette première année à cet égard.

L’adhésion de l’Ontario à cette plateforme internationale francophone servira aussi à le positionner favorablement au niveau international et devrait aussi l’aider à atteindre la cible des 5 % en matière d’immigration francophone, en attirant du même coup une main-d’œuvre qualifiée. Le Maroc et l’Algérie sont notamment dans la mire des autorités ontariennes de ce côté. « On s’en va en élections et j’étais déçue d’apprendre que M. Brown (le chef conservateur ontarien), dans sa plateforme, n’avait pas du tout parlé d’engagement envers l’OIF », rapporte la ministre en décochant au passage une flèche à ses opposants.

Satisfait, mais...

Carol Jolin, le président de l’Assemblée de la francophonie de l’Ontario (AFO) est fort conscient de la visibilité internationale dont jouit désormais la communauté francophone de l’Ontario grâce à sa présence à l’OIF. 

L’aspect économique de la chose n’est pas à renier non plus. À cet effet, l’entente de partenariat signée en juin dernier entre la Société économique de l’Ontario (SÉO) et l’Institut de la Francophonie pour le développement durable (IFDD), membre de l’OIF, est digne de mention. La SÉO est devenue le premier organisme francophone en Ontario à signer une entente de coopération en développement durable à l’international.

Mais les Franco-Ontariens sont en train de perdre du terrain en Ontario sur le plan démographique, ne représentant plus que 5 % de la population totale, d’où l’urgence de miser sur l’immigration francophone. À cet effet, le nouveau ministère des Affaires francophones a un mandat élargi, mais son personnel demeure le même. M. Jolin presse le gouvernement ontarien d’augmenter l’équipe de fonctionnaires francophones au sein du ministère pour le rendre plus efficace.

« Ce qui presse en Ontario c’est d’être capable de rejoindre et de dépasser nos cibles en immigration, parce qu’on est en train de perdre notre poids démographique. On veut maintenir ce poids démographique-là et si on ne réussit pas à le faire, ça veut dire qu’on est en perte de vitesse  graduellement. »