Le professeur et ex-ministre Benoît Pelletier a été décoré des insignes de Chevalier de l'Ordre national du Mérite de France, hier soir à Ottawa.
Le professeur et ex-ministre Benoît Pelletier a été décoré des insignes de Chevalier de l'Ordre national du Mérite de France, hier soir à Ottawa.

Benoît Pelletier décoré d'un illustre insigne

Daniel LeBlanc
Daniel LeBlanc
Le Droit
Personne ne peut se sentir immunisé face à la place de plus en plus importante qu'occupe la langue anglaise au sein des sociétés francophones, a lancé au Droit le professeur et ex-ministre Benoît Pelletier, hier soir, quelques minutes avant de recevoir les insignes de Chevalier de l'Ordre national du Mérite de France, à Ottawa. Un honneur décerné au Gatinois pour ses accomplissements en faveur de la francophonie et du renforcement des relations entre le Canada et l'Hexagone.
Pour l'homme de 52 ans, cette prestigieuse distinction, qui lui a été remise par le général d'armée Jean-Louis Georgelin, est très représentative. «Ça souligne mes efforts en vue de rapprocher les deux pays. Alors, pour moi, il y a une forte symbolique qui accompagne ça, parce que je suis très attaché au Canada et j'aime beaucoup la France [...] Je me réjouis de voir que ce que j'ai fait n'est pas passé inaperçu», a-t-il affirmé en marge de la cérémonie réunissant environ 150 personnes à l'ambassade de France.
Il n'a pas manqué de partager ce deuxième honneur français en moins d'un an avec son épouse ainsi que ses quatre enfants.
Appel à la vigilance
Au moment où les plus récentes statistiques ont fait état d'une progression de la langue anglaise comme langue d'usage dans les chaumières à Gatineau (14% dans le secteur Hull), le professeur à l'Université d'Ottawa n'a pas hésité à dire qu'il ne faut pas demeurer les bras croisés, comme partout ailleurs.
«Le Québec en entier ne doit jamais se croire à l'abri du phénomène d'anglicisation qui gagne la planète entière. Le gros risque, c'est que les Québécois se croient immunisés contre ce phénomène, notamment en raison de la loi 101. Mais honnêtement, ils ne le sont pas. On doit continuer à être très vigilants par rapport au statut du français et très motivés en ce qui a trait à sa promotion», lance l'ex-député de Chapleau.