Baisse de l'emploi dans la région

Philippe Orfali
Philippe Orfali
Le Droit
Le marché de l'emploi d'Ottawa-Gatineau a connu son pire mois en près d'un an, avec la perte de plus de 5000 emplois au cours du mois dernier.
À l'échelle du pays, ce sont près de 30400 emplois qui ont été éliminés le mois dernier, selon les données rendues publiques hier par Statistique Canada. Le taux de chômage au pays a augmenté de 0,1 point de pourcentage pour atteindre 7,3 %, selon l'enquête sur la population active en juillet.
Les économistes avaient prédit que la création d'emplois ralentirait dans la seconde moitié de 2012, mais s'attendaient tout de même à une modeste hausse de 6000 emplois en juillet.
Dans la région de la capitale nationale, le taux de chômage est passé de 6 à 6,3 % entre juin et juillet, a précisé hier Vincent Ferrao, analyste à Statistique Canada.
L'essentiel de ces pertes d'emplois est survenu du côté d'Ottawa. Même s'il s'agit du plus important taux de chômage que connaît la région depuis décembre dernier, celui-ci demeure bien en deçà de ceux enregistrés pour le Québec (7,6) et l'Ontario (7,9).
«En juin, déjà, 2700 emplois avaient été perdus», a indiqué M. Ferrao, ajoutant que dans l'ensemble, l'emploi a augmenté de 1,9 % au cours des douze derniers mois à Ottawa-Gatineau.
Les secteurs des finances, de l'assurance, de l'immobilier, des services professionnels, scientifiques et techniques sont particulièrement touchés par cette baisse de l'emploi, a ajouté M. Ferrao.
Selon lui, le secteur public n'a pas été particulièrement touché au cours des derniers mois, malgré la volonté du gouvernement conservateur de sabrer la fonction publique fédérale. «Dans ce secteur, cela risque de se faire sentir davantage au cours des prochains mois», précise-t-il.
À l'échelle nationale, même son taux de chômage demeure moins élevé que celui d'autres provinces, c'est le Québec qui a enregistré la perte la plus élevée au pays avec la disparition de 28700 emplois en pleine campagne électorale.
La totalité de la baisse en sol québécois est survenue dans la catégorie du travail à temps partiel. Les employés à temps partiel sont d'ailleurs ceux qui ont été le plus touchés à l'échelle nationale avec 51600 emplois perdus. Un résultat qui contrebalance le gain de 21300 emplois à temps plein qui s'est produit en juillet.
L'économiste Doug Porter, de la Banque de Montréal, a prévenu que les résultats pour août pourraient être aussi décevants, rappelant que Statistique Canada n'avait pas encore tenu compte des mises à pied estivales dans le secteur de l'éducation.
«Ce ne sont pas de bonnes nouvelles. En gros, cela confirme l'idée que les employeurs canadiens recommencent à faire preuve de prudence», a affirmé M. Porter