Dans une déclaration envoyée au Droit lundi soir, la Ville d’Ottawa a indiqué que tous les individus au campement ont vu leurs besoins en hébergement être évalués.

Avenir incertain pour les campeurs de Bayview

Le flou régnait encore lundi soir sur l’avenir du campement de fortune situé derrière la station Bayview à Ottawa, ciblé par un avis d’éviction de la Commission de la capitale nationale (CCN).

Dans une note laissée près du campement, dimanche en fin de journée, la CCN demandait aux campeurs de quitter les lieux, en ajoutant être prêt à faire appel aux forces policières, si nécessaire. 

Les autorités craignent pour la sécurité des sans-abri qui occupent le campement, notamment en raison de la difficulté d’accès pour les premiers répondants. Rappelons qu’un brasier s’est déclaré dans l’une des tentes du campement, le 24 novembre dernier.

Un squatteur rencontré sur les lieux lundi soir a indiqué que la Ville d’Ottawa leur avait offert de passer la nuit de lundi à mardi dans un motel du quartier Vanier et d’y rester jusqu’à ce qu’une solution sur l’hébergement soit trouvée. L’individu, Ryan, qui habite à Tent City depuis deux mois, a dit avoir accepté l’offre. Selon lui, environ huit personnes vivent dans le campement de fortune présentement. Il était impossible de confirmer si les autres avaient accepté la solution temporaire du motel.

La semaine dernière, les campeurs avaient refusé de quitter les lieux, malgré un premier avis d’éviction. Au cours des derniers mois, ils ont refusé des offres de logements de la Ville dans les quartiers de Vanier et du centre-ville. Ils craignent que l’accessibilité des stupéfiants dans ces secteurs nuise à la réhabilitation de certains d’entre eux.

Dans une déclaration envoyée au Droit lundi soir, la Ville d’Ottawa a indiqué que tous les individus au campement ont vu leurs besoins en hébergement être évalués et qu’ils ont été jumelés au programme Logement d’abord. 

« La Ville et ses partenaires vont continuer à offrir de l’aide tout en travaillant pour trouver des options d’hébergement abordable pour tous, reconnaissant que tous ont des besoins uniques en matière de logement et de services de soutien », ont indiqué la gestionnaire du service du logement, Shelley VanBuskirk, et le directeur général, Anthony Di Monte.

Des campeurs sont à la rue depuis l’incendie de leur maison de chambre de la rue LeBreton, en avril dernier, mais de nouvelles personnes se sont greffées au groupe.

La station Bayview étant située à la frontière des quartiers Somerset et Kitchissippi, les conseillers Catherine McKenney et Jeff Leiper ont cosigné une lettre diffusée sur leur site Web. Ils affirment s’informer régulièrement de la situation et s’impliquer directement dans la recherche de logement abordable pour les victimes de l’incendie d’avril. « Nous croyons également que rester dans le même quartier est important pour la santé physique et mentale de ces personnes et nous travaillons avec les résidents qui n’ont toujours pas, à ce jour, trouver du logement dans la communauté dont ils sont des membres importants », écrivent les deux élus.

Les conseillers en profitent pour souligner l’ampleur de la crise du logement dans la capitale fédérale, alors que 1100 personnes dorment dans des refuges quotidiennement et que 19 000 foyers dépensent plus de 50 % de leurs revenus pour leur logement.

« Nous avons besoin d’aide de tous les paliers de gouvernement si nous voulons régler cette urgence dans le milieu du logement », estiment les deux élus.

Leur collègue conseiller et président de Logement communautaire Ottawa, Mathieu Fleury, estime que la Ville a sa part de responsabilité dans la situation actuelle, mais rappelle que le financement annuel pour le logement abordable a été augmenté à 15 millions $ pour le budget 2019.

« On n’a pas les reins aussi solides, la même flexibilité que la province pour injecter l’argent nécessaire en vue de régler ce problème », estime M. Fleury.