John Baird, était de ceux venus prêter main-forte aux employés des Bergers de l'espoir.
John Baird, était de ceux venus prêter main-forte aux employés des Bergers de l'espoir.

Aux Bergers à Noël pour briser la solitude

Philippe Orfali
Philippe Orfali
Le Droit
Loin du bruit des raids aériens syriens et du tumulte de la rue à Kiev, le ministre canadien des Affaires étrangères, John Baird, était de ceux venus prêter main-forte aux employés des Bergers de l'espoir, mercredi midi, pour le traditionnel repas de Noël.
La période des fêtes est toujours l'une des plus achalandées pour les Bergers de l'espoir, la plus grande organisation à but non lucratif destinée aux sans-abris et aux personnes dans le besoin de la région d'Ottawa. Fondée il y a 30 ans, plus de 1600 personnes franchissent ses portes chaque jour. La journée de Noël ne faisait pas exception. 
«Personne ne devrait passer Noël seul, et personne ne devrait passer Noël sans un repas chaud. C'est ce que nous faisons aux Bergers depuis 1983», explique Anna Silverman, la directrice générale de la Fondation des Bergers de l'espoir, tandis que dans un coin de la grande salle, des membres du Centre des Jeunes 101 Parent entonnent des chants de Noël.
Ô sainte-nuitMinuit ChrétienVive le vent. Les chansons se succèdent alors que tout autour, une centaine de personnes envahit le 233, rue Murray.
Le père Noël fait sa tournée, distribue des cannes et autres friandises, tandis que d'autres font toujours la file pour recevoir leur festin, servi par une équipe de lutins dont le travail à la chaîne est réglé au quart de tour. 
Le ministre Baird est du lot, distribuant la traditionnelle dinde, qui s'accompagne de pommes de terre pilées, de légumes et de l'incontournable gelée d'atocas. «C'est une façon pour moi de redonner à la communauté, de s'assurer qu'aujourd'hui tout le monde a quelque chose à manger», dit-il, soulignant le travail essentiel effectué par des organisations comme celle-ci.
«En plus des habitués de nos services, il y a toutes sortes de gens qui se déplacent ici le 25 décembre, poursuit Mme Silverman. Des familles dans le besoin. Des personnes seules qui ne veulent pas passer Noël isolées. Et plusieurs bénévoles.»
Pour Marie, une résidente de Vanier, la fête de Noël et le festin des Bergers vont de pair depuis près de cinq ans. Non seulement la nourriture est-elle excellente, mais l'occasion est également bonne de revoir des amis et de s'en faire de nouveaux, dit-elle. «Pour plusieurs personnes, soit la famille est trop loin, soit elle est décédée, soit il y a d'autres raisons. Au fil des années j'ai rencontré des personnes vraiment intéressantes et c'est pourquoi c'est ici que je reviens, année après année.»
L'an dernier, tout près de 700000 repars ont été servis par la soupe populaire des Bergers de l'espoir. Près de 21000 familles ont bénéficié d'aliments reçus dans le cadre du programme d'épicerie de l'organisme et près de 1000 repas ont été servis à l'occasion de Noël. Un chiffre que s'attendait à atteindre, sinon dépasser Mme Silverman.