C'était le branle-bas de combat cette fin de semaine dans les rues de Toronto, alors qu'une tempête semblable au grand verglas de 1998 s'est abattue sur l'Ontario.
C'était le branle-bas de combat cette fin de semaine dans les rues de Toronto, alors qu'une tempête semblable au grand verglas de 1998 s'est abattue sur l'Ontario.

«Aussi grave» que le verglas de 1998

La Presse Canadienne
Une forte dose de pluie verglaçante est tombée sur la majeure partie de l'est du pays, transformant les routes et les trottoirs en patinoires, hier, et entraînant des centaines de milliers de pannes d'électricité, en plus de chambouler les horaires de voyage des Fêtes.
La situation, notamment dans la région de Toronto, a entraîné des comparaisons avec la crise du verglas de 1998, au Québec, alors que les équipes d'intervention des compagnies énergétiques étaient à pied d'oeuvre pour rétablir le courant.
Selon le vice-président de Toronto Hydro, Blair Peberdy, la tempête est effectivement «aussi grave» que le verglas de 1998. La société fait état de 250000 ménages plongés dans le noir.
«Ces tempêtes ont tendance à provoquer le chaos et nous devons y aller rue par rue avec des scies à chaîne», dit-il.
La première ministre de l'Ontario, Kathleen Wynne, a indiqué hier qu'elle s'était entretenue avec plusieurs maires de municipalités affectées par la tempête pour leur offrir de l'aide gouvernementale. Elle a précisé que Queen's Park fournirait des abatteuses d'arbres pour aider à dégager les rues encombrées.
«Nous allons fournir les ressources nécessaires pour gérer la situation», a déclaré Mme Wynne lors d'une conférence de presse.
Trafic aérien paralysé
Hier après-midi, la tempête s'était déplacée vers l'est et au total, des pannes ont touché environ 350000 résidences en Ontario, alors que des branches d'arbres alourdies par la glace ont cassé et sont tombées sur les fils électriques.
Des passagers anxieux se sont de leur côté retrouvés coincés dans des aéroports allant de Toronto à Saint-Jean de Terre-Neuve, et ce quelques jours avant Noël.
De la capitale fédérale à celle de Terre-Neuve, les principales grandes villes de l'Est canadien subissaient toutes des retards ou des annulations de vols.
Du patin dans les rues
De son côté, Via Rail a indiqué à ses clients qu'ils devaient s'attendre à des retards pour les trajets entre Toronto et Montréal, ou Toronto-Ottawa, et la police a demandé à la population d'éviter de conduire, si possible. Un train de Via s'est d'ailleurs retrouvé coincé à Oshawa en raison de la chute de fils électriques.
Les équipes d'épandage de sel et de sable ont travaillé toute la nuit de samedi à hier pour lutter contre un mélange dangereux de neige, de glace et de pluie verglaçante qui recouvre la région allant des chutes Niagara, en Ontario, à la côte atlantique.
Les conditions météorologiques, qui ont mené certaines personnes à patiner dans les rues de Kingston, en Ontario, sont suspectées d'avoir eu un rôle à jouer lors de cinq accidents mortels sur les autoroutes du Québec et lors d'un autre survenu en Ontario cette fin de semaine.
Selon Marie-Ève Giguère, une météorologue chez Environnement Canada, des parties du sud de l'Ontario ont d'ailleurs été particulièrement touchées par deux tempêtes sur une période de trois jours.
«Il est fait état de pluie verglaçante depuis vendredi alors que nous avons eu un premier système de moindre importance qui en a moins déversé», dit-elle.
Tempête historique
Aux yeux du maire de Toronto, Rob Ford, il s'agit de l'une des pires tempêtes de l'histoire de la ville. Il a précisé qu'il était encore trop tôt pour offrir une estimation de l'ampleur des dégâts.
Jusqu'à maintenant, cependant, la tempête de 2013 semble être moins pire que le chaos de janvier 1998, lors duquel plus d'une vingtaine de personnes ont trouvé la mort.
À son paroxysme, près de 10 pour cent de la population du pays - environ trois millions de personnes - ont été plongées dans le noir lorsque quatre journées de pluie verglaçante intermittente ont recouvert de glace des régions de l'est de l'Ontario, de l'ouest du Québec et du Nouveau-Brunswick. Les Forces canadiennes avaient déployé 14000 soldats pour aider à combattre la dévastation.