Le maire Maxime Pedneaud-Jobin a convenu que les Gatinois verront leur compte de taxes augmenter en 2018, mais selon lui, il s’agirait d’une dernière hausse consécutive puisque 2019 pourrait mettre fin à cette séquence.

Augmentation de taxes : «On n’est pas dans l’excès» —Pedneaud-Jobin

Les Gatinois devront essuyer une cinquième hausse de taxes consécutive de 2,9 % en 2018. L’année 2019 pourrait cependant mettre fin à cette séquence, a laissé entendre le maire Maxime Pedneaud-Jobin, jeudi, au terme de l’étude du budget municipal.

Le conseil municipal a unanimement mandaté le comité exécutif et la commission de révision des dépenses et des services de procéder à une « révision budgétaire en profondeur incluant le plan de main-d’œuvre ». L’exercice devra être terminé d’ici le 31 août prochain et devra préciser les orientations budgétaires des trois dernières années du mandat.

« L’objectif est de bien gérer, mais oui, l’objectif c’est qu’on ne parle pas d’une augmentation de 2,9 % en 2019 », a laissé tomber, jeudi, le maire de Gatineau. Il s’agissait de sa première rencontre avec la presse régionale depuis le début des discussions budgétaires qui se sont amorcées lundi matin. « Nous parlons trop peu de nos efforts pour limiter nos dépenses, alors qu’il y en a eu dans tous les services », a-t-il ajouté. Le cadre financier présenté par Action Gatineau prévoyait des hausses de taxes de 2,5 % pour les années 2019, 2020 et 2021.

Quant à la hausse de taxe de 2018, le maire Pedneaud-Jobin est convaincu que les contribuables gatinois comprendront. « Ça dépend quels contribuables on écoute, a-t-il dit. Il y a une portion de la population qui ne veut pas d’augmentation de taxes. Il y a aussi des gens, et je pense que c’est l’immense majorité, qui reconnaissent que si on veut se donner des services, il faut taxer. À 2,9 % d’augmentation, on n’est pas dans l’excès. »

M. Pedneaud-Jobin affirme que le conseil s’est entendu sur un budget « qui répond aux besoins des gens en améliorant la qualité de vie ». 

Il a mentionné au passage les investissements pour la sécurité dans les corridors scolaires, dans le soufflage de la neige et pour prolonger l’ouverture des piscines et des jeux d’eau pour faire face aux changements climatiques. Le maire félicite aussi le conseil qui en choisissant d’investir dans la revitalisation et l’animation des anciens centres-ville et à la Ferme Dalton, consolide des organismes qui « font beaucoup de choses pour la qualité de vie des citoyens ».

Une somme de 46 millions $ a aussi été mise de côté afin d’agrandir et moderniser deux importantes bibliothèques, Lucy-Faris et Guy-Sanche. Le conseil complète ainsi le plan qui avait été prévu dans l’ancien mandat, mais pour lequel les sommes réservées avaient été nettement insuffisantes.

Critique

Les principaux adversaires du maire ont plusieurs fois critiqué, cette semaine, le peu d’ouverture face à des propositions budgétaires différentes de ce qui était défendu par le comité exécutif. 

M. Pedneaud-Jobin a rejeté du revers de la main ces récriminations en faisant plutôt porter le blâme à ses adversaires. 

« La politique municipale n’a pas commencé le 5 novembre dernier, a-t-il lancé. Si des gens voulaient proposer des choses, ils avaient toute l’information pour le faire. Il y avait de l’espace en masse pour arriver avec d’autres propositions si les gens qui souhaitaient le faire s’étaient préparés et avaient fait le travail nécessaire. Moi, j’arrive avec un programme. Je n’arrive pas avec différents scénarios de programme. J’arrive avec mon programme. »

APPROUVÉE EN SEPT MINUTES

La journée de débats entre élus sur les différents éléments du budget 2018 aura finalement été expéditive. Le Droit a chronométré les discussions pour chacune des propositions soumises au vote. 

Le tout s’est joué en 87 minutes. Le conseil a été unanime à 15 reprises et majoritairement en faveur de six propositions. Aucune recommandation n’a été battue au vote. 

Le débat sur la hausse de 1 % de la taxe dédiée aux infrastructures s’est réglé en moins de quatre minutes. Après seulement trois minutes, la hausse de taxe de 1,9 % pour financer les opérations de la Ville était approuvée. 

Les conseillers ont été unanimes dans le dossier des couches lavables qui est devenu, après un amendement, un programme de subvention de 50 000 $ pour favoriser des écogestes. 

Le retour de la livraison gratuite du compost a aussi été approuvé à l’unanimité. 

Le débat le plus long  concernait l’allongement de la période d’ouverture des piscines et des pataugeoires de la Ville, une mesure évaluée à 100 000 $. 

La conseillère Audrey Bureau a voulu obtenir plusieurs statistiques concernant le nombre de baigneurs qui ont profité des heures prolongées l’été passé. Elle souhaitait entre autres savoir s’il y avait plus de baigneurs les soirs de semaine ou pendant la fin de semaine.

La conseillère Audrey Bureau a lancé le débat le plus long de la journée en abordant la période d’ouverture des piscines et pataugeoires publiques.

Le président du conseil, Daniel Champagne, a su mettre fin à ce débat en déclarant que « peu importe le nombre de baigneurs, s’il fait chaud en septembre on prolonge l’ouverture et on dépense de l’argent, et s’il fait trop froid on économise 100 000 $ ». 

Le conseil a été unanime. 

LA BIBLIOTHÈQUE LUCY-FARIS RESTERA SUR LA RUE PRINCIPALE

Il semble de plus en plus évident que la future bibliothèque Lucy-Faris est sur la rue Principale pour de bon. 

L’option du déménagement à côté de la piscine Paul-Pelletier envisagée lors du dernier mandat n’a apparemment pas survécu à la dernière campagne électorale. 

Après le vice-président du comité exécutif, Cédric Tessier, mercredi, c’était au tour du maire Maxime Pedneaud-Jobin, jeudi, de remettre en question cette possibilité auparavant défendue par plusieurs élus d’Action Gatineau. 

« On a regardé certains terrains disponibles et celui de Paul-Pelletier semble trop loin pour les gens d’Aylmer, a affirmé le maire de Gatineau. Idéalement, elle resterait dans le cœur d’Aylmer, tout le monde veut ça. Si nous avons une option qui satisfait la communauté et qui répond aux besoins, moi, c’est sûr que je vais vouloir la garder là. » M. Pedneaud-Jobin a toutefois précisé que les enjeux techniques liés à la Place des pionniers qui abrite la bibliothèque Lucy-Faris n’ont toutefois pas changé. 

« On a demandé à nos services de voir ce qui peut être fait avec cet édifice et ils vont regarder ça de près. »