Le président d'Air Transat s'en prend à la déclaration des droits des passagers que propose le gouvernement libéral.

Audience publique sur l'incident d'Ottawa

Le président d'Air Transat s'en prend à la déclaration des droits des passagers que propose le gouvernement libéral, estimant que le projet de loi punirait injustement les transporteurs aériens pour des retards hors de leur contrôle.
Jean-François Lemay a fait ce commentaire dans une réponse envoyée la semaine dernière à l'Office des transports du Canada (OTC) au sujet de l'incident survenu le 31 juillet, durant lequel des clients d'Air Transat ont été forcés de demeurer dans deux appareils immobilisés pendant des heures sur le tarmac de l'aéroport d'Ottawa.
L'agence a annoncé mercredi qu'elle tiendra une audience publique à la fin du mois au sujet de l'incident, mentionnant dans un communiqué qu'une discussion plus large sur la manière, dont l'industrie doit réagir aux retards sur les tarmacs sera organisée une fois que le Parlement aura approuvé le projet de loi libéral.
Les libéraux veulent faire approuver leur projet de loi, connu sous le nom de C-49, d'ici la fin de l'année. Des audiences sur le projet de loi sont prévues dès le début septembre, avant même que la Chambre des communes ne reprenne officiellement ses travaux au retour des vacances d'été.
La lettre de Jean-François Lemay à l'OTC, rédigée uniquement en anglais, suggère que les problèmes qui se sont produits à Ottawa la semaine dernière prouvent que les libéraux doivent obliger les administrations aéroportuaires à «fournir des infrastructures essentielles et un soutien opérationnel au sol rapide» si le gouvernement a l'intention d'imposer de nouvelles obligations aux transporteurs aériens.
«Comme nous l'avons clairement vu dans ce cas, la tendance est de se concentrer uniquement sur les actions de la compagnie aérienne», écrit M. Lemay dans la lettre publiée par l'agence.
«Ça ne devrait pas être la base d'un projet de loi éclairé.»
Des normes «claires et équitables»
Dans un communiqué, le ministre des Transports, Marc Garneau, a déclaré que le nouveau régime sur les droits des passagers établirait des «normes claires et équitables» quant à la façon dont les passagers des transporteurs aériens doivent être traités en cas de longues périodes d'attente sur les tarmacs, de surréservations, de retards, d'annulations et de bagages perdus ou endommagés.
«Lorsque les voyageurs achètent un billet d'avion, ils s'attendent avec raison à ce que la compagnie aérienne respecte ses engagements, écrit-il. Quand elle ne le fait pas, les voyageurs devraient connaître leurs droits et bénéficier d'une indemnité le cas échéant.»
«Certaines normes minimales de traitement devraient être établies si les choses ne se passent pas comme prévu.»
La situation semble avoir mal tourné la semaine dernière lorsque des orages violents à Montréal avaient forcé les pilotes de deux appareils d'Air Transat en provenance de l'Europe à se diriger plutôt vers l'aéroport d'Ottawa. L'un des avions déroutés arrivait de Rome, l'autre de Bruxelles.
Les deux avions ont patienté sur le tarmac pendant plusieurs heures durant lesquelles un passager a composé le 9-1-1 pour demander de l'aide.
La lettre de M. Lemay rejette le blâme sur l'administration aéroportuaire, qui aurait ignoré les demandes répétées du transporteur pour obtenir un approvisionnement en carburant, ce qui aurait permis de maintenir l'air conditionné dans l'appareil.
L'audience de l'Office des transports se déroulera à Ottawa les 30 et 31 août. L'agence recueillera entretemps les témoignages des victimes de ces incidents.
L'agence recueillera entretemps les témoignages des victimes de ces incidents. Les personnes et les organismes intéressés peuvent communiquer avec l'enquêteur de l'Office à l'adresse enquete-inquiry@otc-cta.gc.ca, ou en composant le 819-635-4108.
L'Aéroport d'Ottawa réplique à Air Transat
L'Administration de l'aéroport international Macdonald-Cartier d'Ottawa (AAIMCO) réfute les affirmations d'Air Transat voulant que l'aéroport ait ignoré les demandes du transporteur pour obtenir un approvisionnement en carburant lors des problèmes vécus le 31 juillet, alors que des centaines de passagers sont restés coincés pendant plusieurs heures dans deux avions de la compagnie immobilisés sur le tarmac.
Dans un communiqué publié mercredi, l'AAIMCO a précisé que les lignes aériennes font appel à des entreprises de services d'assistance en escale pour s'occuper de leurs affaires dans les aéroports, dont le guidage au sol et le traitement des bagages. L'entente sur les niveaux de services englobe normalement les dispositions concernant le ravitaillement en carburant, a souligné l'AAIMCO, qui a aussi indiqué n'avoir rien à voir dans ces arrangements.
« En aucun temps, l'équipage d'Air Transat ou son fournisseur de services au sol n'ont demandé de l'aide de l'Administration de l'aéroport pour le ravitaillement en carburant ou une porte pour le débarquement », a signalé la direction de l'aéroport après avoir lu la déclaration d'Air Transat en réponse à l'enquête de l'Office des transports du Canada (OTC) concernant les détournements à l'aéroport d'Ottawa d'avions devant atterrir à Montréal et à Toronto.
Une vingtaine d'avions avaient dû se poser à Ottawa en raison des mauvaises conditions météorologiques dans ces deux villes. L'AAIMCO a indiqué que ce sont les lignes aériennes, et non elle, qui déterminent l'ordre de priorité des activités d'avitaillement en carburant.
« Le 31 juillet 2017, l'Administration a offert son plein soutien et son assistance à Air Transat par l'entremise de son fournisseur de services au sol désigné comme elle l'a fait ce soir-là pour l'ensemble des lignes aériennes touchées. Air Transat aurait pu se prévaloir de plusieurs options tout le temps que les vols sont demeurés sur l'aire de trafic, si le transporteur avait voulu procéder au débarquement des passagers. Sur le terrain d'aviation, les autobus de l'aéroport se tenaient prêts à transporter les passagers jusqu'à l'aérogare et il y avait des portes de disponibles pour le débarquement », a expliqué l'AAIMCO.
Avec Charles-Antoine Gagnon, Le Droit