La ministre de l'Emploi, du Développement de la main-d'oeuvre et du Travail, Patricia Hajdu, a estimé qu’il est maintenant temps que les Canadiens dénoncent ce qu’elle qualifie de tendance inquiétante en matière de haine envers les femmes.

Attaque de Toronto: Patricia Hajdu commente la thèse de la misogynie

Le premier ministre Justin Trudeau a refusé mercredi de spéculer sur le mobile de l’attaque à la camionnette bélier de lundi à Toronto, mais son ancienne ministre de la Condition féminine et actuelle ministre de l’Emploi a accepté de commenter la thèse de la misogynie.

Alek Minassian, âgé de 25 ans, de Richmond Hill, en Ontario, a été accusé mardi de 10 chefs de meurtre au premier degré et de 13 chefs de tentative de meurtre; un chef additionnel de tentative de meurtre pourrait s’ajouter bientôt.

On ne sait pas encore pourquoi un homme aurait loué une camionnette avant de rouler sur des trottoirs achalandés de la rue Yonge, au beau milieu de la journée, faisant 10 morts et 14 blessés. Or, la police enquête sur un «message énigmatique» que le suspect aurait publié sur une page Facebook. Ce message laisserait croire que l’accusé aurait sciemment ciblé des femmes, lundi.

Interrogée sur cette thèse à son arrivée à la réunion hebdomadaire du caucus libéral, mercredi matin à Ottawa, la ministre de l’Emploi, du Développement de la main-d’oeuvre et du Travail, Patricia Hajdu, a estimé qu’il est maintenant temps que les Canadiens dénoncent ce qu’elle qualifie de tendance inquiétante en matière de haine envers les femmes.

«De mon point de vue, nous devons discuter encore de misogynie, d’une montée de la haine, et des liens avec ce que certains appellent l’»alt-right»», a soutenu la ministre Hajdu, qui a été ministre de la Condition féminine de novembre 2015 à janvier 2017. «Je crois que notre société n’a pas encore vidé cette question.»

Dans un courriel, son cabinet a plus tard mis une sourdine sur les propos de Mme Hajdu. «La ministre respecte le déroulement de l’enquête policière et reconnaît qu’il est inapproprié de la commenter», écrit Carlene Variyan. «(Mme Hakdu) parlait en termes généraux des impacts de la misogynie sur l’ensemble de la société, à partir de son expérience passée à titre de ministre de la Condition féminine. Elle ne commentait pas l’enquête en cours.»

Mélanie Joly

Interrogée elle aussi sur la thèse de la misogynie, la ministre du Patrimoine canadien, Mélanie Joly, a indiqué qu’elle comptait sur les plateformes numériques pour s’autoréguler afin «qu’il n’y ait aucune forme de discrimination ou de discours haineux».

«Un des principes fondamentaux, lorsque vient la question de la gestion des plateformes numériques, c’est que tout comportement qui, normalement, n’est pas permis dans la réalité ne peut pas l’être dans un monde virtuel», a soutenu Mme Joly, qui est responsable des communications.

«Et donc, on s’attend à ce que les géants du web jouent un rôle prépondérant pour contrer toute forme de discrimination ou de harcèlement en ligne», a-t-elle ajouté.

De son côté, le premier ministre Trudeau, après avoir offert à nouveau ses condoléances, n’a pas confirmé, mercredi, sa présence à la cérémonie commémorative pour les victimes, en fin de semaine à Toronto. M. Trudeau ne souhaite pas qu’un éventuel déplacement serve de distraction à l’enquête en cours.