Assemblée nationale: encore 37 députés maximum pour au moins un mois

Olivier Bossé
Olivier Bossé
Le Soleil
La rentrée parlementaire se fera encore en effectif réduit, à Québec. À compter du 15 septembre, seulement 37 des 125 députés pourront siéger en même temps au Salon bleu, comme en mai et juin. Et bien que la session dure jusqu’au 11 décembre, la formule sera réévaluée après les quatre premières semaines de travaux parlementaires.

Pour chaque période de questions quotidienne adressée aux ministres du gouvernement, on retrouvera sur les banquettes de la salle de l’Assemblée nationale jusqu’à 16 élus du gouvernement de la Coalition avenir Québec (CAQ) et 20 des partis d’opposition, dont 10 du Parti libéral du Québec (PLQ), quatre de Québec solidaire (QS), quatre du Parti québécois (PQ) et les deux députés indépendants.

Sans oublier le président de l’assemblée, François Paradis, député caquiste en position de neutralité dans sa grande chaise placée à l’avant.

Pas de quarantaine démocratique

«On ne voulait pas voir la démocratie être mise en quarantaine», illustre Martin Ouellet, leader parlementaire du PQ.

L’entente entre les leaders des quatre partis représentés à l’Assemblée nationale a été conclue jeudi soir.

«Il est temps de redémarrer les débats politiques, les débats de société au Québec», indique de son côté le leader parlementaire de QS, Gabriel Nadeau-Dubois, soulignant l’importance de «discuter de ce qui s’est passé au Québec pendant la première vague».

M. Nadeau-Dubois parle d’une «entente équilibrée» survenue entre les leaders.

Le nouveau leader parlementaire libéral, André Fortin, estime que même si elle n’est «pas parfaite», cette entente «nous permet de faire notre travail de législateurs, de questionner le gouvernement et, on l’espère, d’obtenir des réponses», malgré «un contexte bien particulier».

La liste des ministres présents en chambre sera transmise aux oppositions la veille, à 18 h. Un peu tard, estime le péquiste Ouellet, néanmoins satisfait de voir le gouvernement se plier à une reddition de comptes quotidienne les mardis, mercredis et jeudis, comme à l’habitude.

Révision le 9 octobre

Le gouvernement retrouve bien sûr son statut majoritaire hors des périodes des questions, donc aux moments de voter, avec 20 caquistes qui pourront alors siéger en même temps en face de huit libéraux, trois solidaires, trois péquistes et deux indépendants. Plus le président.

Le tout sera révisé au 9 octobre, soit au terme des quatre premières semaines de travaux parlementaires. Les députés devront alors s’ajuster selon la situation sanitaire en vigueur à ce moment au Québec.

Peut-être ramener plus de députés en chambre si tout se passe bien ou, au contraire, relancer le parlement virtuel en cas de reconfinement. «Il faut être capable de donner l’exemple», estime le péquiste Ouellet.

La semaine suivante, du 12 au 16 octobre, était déjà prévue comme relâche au parlement.

Deux salles miroirs

Pour les commissions parlementaires, cinq salles seront à la disposition des parlementaires pour réaliser les travaux en situation de distanciation physique.

Devenues trop petites pour chacune accueillir tous les participants d’une même commission en temps de pandémie, les deux salles flanquant le hall principal du parlement seront jumelées et reliées par la technologie pour permettre d’installer, par exemple, les députés d’un côté et les témoins de l’autre.

Cet élément a constitué le défi logistique le plus complexe dans cette nouvelle organisation.

Contrairement aux lendemains de confinement du printemps, le menu législatif ne sera pas prédéfini par le gouvernement.