Des élèves du CEAO sur scène samedi soir.

Artistes professionnels et élèves sur une même scène

En 1983, la jeune Carole Myre d’Hawkesbury auditionnait au Centre d’excellence artistique de l’Ontario (CEAO) et fut... refusée. Elle avait écrit un texte pour une performance théâtrale devant jury. Aujourd’hui, cette même femme est directrice artistique de ce même centre qui l’avait jadis rejetée.

En entrevue au Droit, en ce week-end de festivités du 35e anniversaire de fondation du CEAO, Mme Myre était survoltée et émue. Tout ce chemin parcouru par elle et par cette école exceptionnelle qu’elle gère avec passion.

«Quand j’ai des jeunes devant moi et que je leur donne leur lettre de refus, je leur dis que moi aussi j’ai été refusée à l’époque, mais que quelqu’un m’avait dit alors que tout rêve peut se réaliser si on y met le travail. C’est pas juste le talent. [...] Avec la persévérance et la passion, on peut faire bouger des choses.»

Deux jours pour célébrer

Durant deux jours, vendredi et samedi, d’anciens diplômés de cette académie artistique, maintenant artistes professionnels, rencontraient de jeunes étudiants remplis d’espoir et de rêves de conquête. Une «bibliothèque humaine» permettait même aux élèves d’aujourd’hui d’avoir un tête-à-tête de dix minutes avec un professionnel de l’industrie, anciennement assis sur les mêmes chaises de classe qu’eux.

Conférences et panels ont permis de développer des thématiques constructives et la relation anciens diplômés-élèves s’est transposée sur scène dans le cadre d’un gala-spectacle qui réunissait, samedi soir, les uns et les autres; un moment qualifié de «magique» par la directrice artistique. 

C’est ainsi que le musicien classique Dantes Rameau, maintenant installé à Atlanta, et la soprano Mireille Asselin, qui a fait un malheur au Metropolitan Opera à New York, brillaient aux côtés des futures étoiles de demain.

Bien du chemin parcouru

Créé en 1983 pour développer le potentiel artistique et créatif des jeunes Franco-Ontariens, le Centre d’excellence artistique de l’École secondaire publique De La Salle d’Ottawa a vu défiler des milliers de diplômés de huit concentrations artistiques, du cinéma à la musique, en passant par la danse.

Aujourd’hui, 830 jeunes, de la 7e à la 12e année, y suivent des cours spécialisés en art, tout en suivant le cursus scolaire général du ministère de l’Éducation.

Et que souhaiter pour l’avenir? 

«Mon souhait personnel c’est qu’un enfant, peu importe ses origines, peu importe son état financier, ait accès à l’art et à la culture», conclut Carole Myre.

Carole Myre