Ouverture vendredi de MosaïCanada 150 par un temps pluvieux.

Art floral et douche froide

C'est sous une pluie battante qu'a été officiellement lancée, vendredi, la toute première exposition de mosaïculture à éclore dans la région de la capitale nationale. L'événement s'est déroulé en présence de nombreux dignitaires et collaborateurs, et aussi d'invités autochtones qui ont pacifiquement fait valoir leurs revendications.
À partir de maintenant et pour les 106 prochains jours, les visiteurs et résidents de la région pourront découvrir au parc Jacques-Cartier de Gatineau, 35 oeuvres horticoles et florales représentant les dix provinces et trois territoires canadiens, un clin d'oeil non dissimulé au 150e anniversaire de la Confédération canadienne. Aux tableaux canadiens s'ajoutent également des pièces chinoises confectionnées par des équipes de Shanghai et Pékin, et quatre oeuvres autochtones d'envergure.
Le parcours complet couvre une distance de 1,1 km qu'il faut prévoir parcourir pendant environ 90 minutes.
Trois millions de plantes annuelles et 300 arbres ont été plantés pour l'occasion et tout le parcours est divisé en cinq sections thématiques. 
90% du personnel ayant oeuvré à la préparation de cette exposition en plein air sont issus de la région et la direction de l'événement s'attend à des retombées économiques directes et indirectes de près de 27 millions de dollars pour la grande région de Gatineau. 
La vice-présidente exécutive et directrice générale de l'événement MosaïCanada, Lise Cormier, estime que cette exposition florale atteint des sommets inégalés en techniques horticoles. Pour assurer la bonne gestion de l'exposition au quotidien, près de 400 bénévoles s'atteleront à la tâche jusqu'à la fin de l'entreprise et le font déjà depuis les tout débuts de l'organisation. De fait, le printemps pluvieux et froid qu'a connu la région a obligé les organisateurs et leurs équipes à travailler dans des conditions franchement difficiles. 
Des centaines de milliers de visiteurs sont attendus cet été sur le site.
Après la conférence de presse d'usage, vendredi, l'entomologiste bien connu George Brossard attendait les invités avec 150 papillons monarques prêts à s'envoler, un autre nouveau clin d'oeil aux fêtes du Canada.
L'envers de la fête
Si la présence autochtone est bien vivante sur les sentiers pédestres parcourant le site, les représentants amérindiens présents à l'ouverture officielle n'avaient pas vraiment le coeur à la fête. Ghislain Picard, le chef de l'Assemblée des Premières Nations du Québec et du Labrador et la grand chef de la nation algonquine anishinabeg, Verna Polson, ont plutôt livré des discours empreints d'amertume. 
Les deux dirigeants autochtones n'ont pas manqué de rappeler à l'auditoire que le site du parc Jacques-Cartier et tout le corridor de la rivière des Outaouais constituent toujours un territoire non cédé et non abandonné par la nation algonquine. La chef Polson, les larmes aux yeux, a rappelé que le parc Jacques-Cartier était, jadis, un lieu d'échanges, de fêtes et de traite pour les autochtones. Cérémonies, mariages et signatures de traités s'y sont longtemps déroulés.
De toute évidence, les organisateurs ne s'attendaient pas à ce genre de sorties publiques de la part de leurs invités autochtones. 
La pluie battante et les revendications autochtones auront donc jeté une douche d'eau froide sur les célébrations d'ouverture de ce point d'orgue des fêtes du 150e anniversaire.
RAPPEL
- MosaïCanada ouvre ses portes tous les jours de 10 h à 19 h jusqu'au 15 octobre. 
- L'entrée est gratuite pour tous, seules les visites guidées exigent un déboursé de dix dollars par personne pour les 14 ans et plus.
- Le parc Jacques-Cartier est situé à l'angle de la rue Laurier et le boulevard des Allumettières à Gatineau.
- Les stationnements à proximité sont payants, mais un stationnement incitatif gratuit est disponible à l'aréna Guertin avec navette gratuite de la Société de transport de l'Outaouais.
- À noter que les sentiers sont non asphaltés et en gravier fin.