Plusieurs personnes ont à nouveau manifesté leur opposition au projet de refuge et de centre de ressources de l'Armée du Salut sur le chemin Montréal à Vanier, mardi soir.

Armée du Salut : l'opposition persiste

Plusieurs commerçants et citoyens du secteur Vanier à Ottawa ont signifié de vive voix à la direction de l'Armée du Salut leur opposition au projet de refuge et de centre multifonctionnel sur le chemin Montréal lors d'une réunion tenue mardi soir par la Zone d'amélioration commerciale (ZAC) du quartier Vanier.
L'organisme économique avait invité la direction de l'Armée du Salut à venir présenter son projet et à répondre aux questions et inquiétudes de la communauté au Centre communautaire Richelieu-Vanier. 
L'hostilité des citoyens envers la proposition qui verrait le déménagement du centre de ressources du marché By à Vanier ne s'estompe pas. Une centaine de personnes se sont présentées à la réunion avec l'idée bien ancrée dans la tête de dire non au projet. Les Vaniérois disent que le secteur se revitalise, et craignent les conséquences négatives que la clientèle de l'Armée du Salut aura sur le secteur.
« Une fois que ces gens sortiront de l'immeuble, ils vont se trimballer dans les rues. Tous les propriétaires de maisons autour auront des problèmes. Toutes sortes de problèmes suivront. Vanier a sa part du quota. Si ça persiste, ça va devenir un enjeu politique à tous les niveaux. S.O.S. Montfort, on l'a gagné. On peut le refaire encore », a lancé Yvan, un citoyen de Vanier depuis 27 ans.
Mark Kaluski, président de la ZAC du quartier Vanier, a tenu à préciser que le chemin Montréal dans le secteur est désigné en tant qu'artère principale traditionnelle, que des gens y ont investi de l'argent en vertu de cette désignation et que le projet de l'Armée du Salut ne s'incorpore pas dans le zonage municipal en place.
« Nous préférons avoir autre chose dans le quartier. C'est un site magnifique à l'entrée de Vanier. Il y a plein de choses qui pourraient être réalisées sur le site qui appuieraient la croissance économique du chemin Montréal, de Vanier. Nous ne croyons pas que c'est le bon projet pour ce site », a expliqué M. Kaluski avant la réunion.
Michael McLellan, président du Centre des services communautaires Vanier, a indiqué que la presque totalité des services que l'Armée du Salut veut offrir dans le nouveau centre existe déjà à Vanier.
Marc Provost, directeur de l'Armée du Salut, a répondu que l'objectif de son organisation n'est pas de dupliquer, mais de complémentariser les services offerts à Vanier. Il a aussi signalé que le site actuel sur la rue George est trop étroit pour tous les services que l'organisation veut offrir à sa clientèle, et que l'Armée du Salut doit offrir des services adaptés aux besoins du XXIe siècle.
« On ne parle pas seulement de lits d'urgence. On parle de services qui desservent la communauté dans son ensemble, soit les femmes, les enfants et les familles, a entre autres expliqué M. Provost. On ne déménage pas ce qu'on a dans le marché By au 333, rue Montréal. Bien au contraire. C'est une occasion de faire les choses différemment, de les mettre à niveau avec les besoins d'aujourd'hui ».
Elie Gharib, un propriétaire d'immeubles commerciaux sur le chemin Montréal, dit avoir refusé des propositions de boutiques de marijuana dont les investisseurs étaient prêts à lui donner beaucoup plus d'argent par mois pour louer un espace.
« Je leur ai dit non parce que je ne veux pas ruiner la rue », a lancé M. Gharib, invitant l'Armée du Salut à s'établir ailleurs qu'à Vanier.
Marc Provost a tenu à préciser que le projet du 333, chemin Montréal repose sur la dignité des gens, et que l'organisation entend créer un bel environnement.
L'Armée du Salut a dû avouer qu'elle n'a pas fait d'étude d'impact et de risque sur les commerçants relativement à son projet.