Aquariums et zoos accrédités du Canada demande de resserrer les règles entourant les zoos

Laura Lévesque
Laura Lévesque
Le Quotidien
L’organisme Aquariums et zoos accrédités du Canada (AZAC), qui représente une trentaine de sites au pays, souhaite que Québec resserre les règles entourant les jardins zoologiques, dans la foulée des allégations rapportées mercredi par Le Quotidien, à partir de témoignages d’ex-employées du Zoo de Falardeau. Contrairement à d’autres provinces, dont la Colombie-Britannique, les zoos québécois n’ont pas besoin d’être accrédités par une association comme l’AZAC. Le permis délivré par le ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs (MFFP) est suffisant. C’est plus de 200 zoos au pays, dont celui de Falardeau, qui opèrent sans accréditation.

Animaux morts de froid, piètres conditions, manque de soins, délais de traitement, surexploitation des bébés ; une dizaine d’ex-employées, actives entre 2012 et 2020, accusaient, mercredi, le propriétaire Daniel Gagnon de cruauté envers les animaux.

« Le gouvernement du Québec donne un permis d’opération, alors que l’AZAC donne un sceau de qualité. C’est la grosse différence. Donc, des endroits non accrédités, il y en a encore trop », exprime d’emblée la directrice générale de l’AZAC, Rachel Léger.

« Étant donné que le Zoo de Falardeau n’est pas accrédité, nous ne sommes pas allés sur place. Donc, on ne peut pas commenter ce cas-ci. Mais lorsque ce sont nos membres, on peut intervenir directement. Car à chaque allégation ou doute sur un événement, des enquêteurs de notre organisation se rendent immédiatement sur place », précise celle qui était autrefois directrice du Biodôme de Montréal.

Visites du MFFP

Il s’agit d’une surveillance supplémentaire à celle déjà en place par le ministère de la Faune. Les agents du MFFP font des visites dans les zoos non accrédités. Mais la plupart du temps, les agents s’annoncent à l’avance.

« Nos agents s’assurent que notre réglementation est respectée. De façon générale, quand on fait des inspections, on travaille avec les gens, le propriétaire, pour qu’ils soient conformes. C’est sûr que dans ce contexte, on les informe pour s’assurer qu’ils soient présents. On veut être certains de rencontrer le propriétaire sur place », précise Frédéric Lelièvre, biologiste au ministère de la Faune, ajoutant que des visites sans avertissement peuvent aussi être effectuées.

Ce dernier n’a pas voulu commenter les allégations entourant le Zoo de Falardeau, en raison de l’enquête menée par la Sûreté du Québec et le ministère.

Approche « quantitative »

Les visites des agents du gouvernement ne sont pas suffisantes, selon l’AZAC, qui estime que l’approche est plus « quantitative » que « qualitative ». « Les normes du ministère ont été assouplies. Autrefois, c’était beaucoup plus sévère. [C’est] pas tout le monde qui pouvait avoir un animal exotique. C’était très complexe. Il manque aussi d’agents pour aller observer sur place. Ce qu’ils font, c’est de voir si le zoo respecte les normes quantitatives. Par exemple, ils vont mesurer les enclos », commente Mme Léger.

Lorsque l’AZAC accrédite un zoo, quatre juges analysent de fond en comble le site pendant quatre jours. Les états financiers doivent aussi être dévoilés à l’organisme. « On vérifie la sécurité du public, celle des travailleurs. On doit aussi regarder si le zoo a assez de budget pour s’assurer que les animaux soient soignés correctement. On regarde aussi comment on euthanasie, comment on reproduit. C’est un rapport plus qualitatif que ceux des agents », croit Mme Léger.

Le Zoo sauvage de Saint-Félicien, par exemple, fait partie des 30 zoos accrédités au pays.