André Cornellier cède sa place pour la durée du conflit

Dominique La Haye
Dominique La Haye
Le Droit
Le syndicat représentant les employés d'OC Transpo en grève a, depuis hier, changé de porte-parole, après que son président ait fait l'objet de plusieurs menaces.
Depuis le déclenchement de la grève, mercredi dernier, le président de la section 279 du Syndicat uni des transports (SUT), André Cornellier, a reçu cinq courriels portant atteinte à sa sécurité et à celle de sa famille.
 
Hier matin, une résidante en colère contre la grève aurait lancé des oeufs dans la vitrine des bureaux du syndicat situé sur le croissant Gladwin, près du boulevard Saint-Laurent.
Au passage du Droit sur l'heure du midi, les traces du méfait était toujours visibles. La police d'Ottawa n'enquête pas sur l'incident.
Dans les circonstances, M. Cornellier a décidé de se retirer de l'avant-scène, pendant la durée du conflit de travail opposant les 2300 travailleurs à leur employeur, la Ville d'Ottawa.
Selon son remplaçant, le vice-président international du local 279, Randy Graham, le conflit a pris une tournure personnelle contre M. Cornellier.
Vendredi dernier, le maire d'Ottawa, Larry O'Brien, s'est adressé directement à «André», par l'intermédiaire des médias, lui demandant de laisser les membres voter sur l'offre finale de la Ville.
«Malheureusement, pour différentes raisons, par l'intermédiaire des médias ou de l'employeur, c'est vraiment devenu une question personnelle. André est une figure de proue pour le syndicat, mais ce n'est pas lui qui prend les décisions. Ce sont 98 % de nos membres qui se sont dits en désaccord avec l'offre patronale», a fait valoir M. Graham.
Rétractations demandées
L'avocat du syndicat, John McLuckie, a aussi envoyé une lettre à la station anglophone CFRA, demandant à son coloré animateur Lowell Green de se rétracter, pour des propos qu'il a tenus sur les ondes la semaine dernière, et qui inciteraient à la violence à l'endroit de M. Cornellier et des chauffeurs d'autobus d'OC Transpo.
«Dans son émission du matin, M. Green a répété que 's'il était un plus jeune homme', il trouverait une façon d'être physiquement violent à l'endroit du président de la section 279, André Cornellier», est-il écrit dans la lettre dont LeDroit a obtenu copie.
dlahaye@ledroit.com