On voit ici le directeur des soins animaliers au Zoo, Karl Fournier, avec une tablette dotée de la plateforme «zoo monitor» servant à analyser le comportement des pensionnaires.
On voit ici le directeur des soins animaliers au Zoo, Karl Fournier, avec une tablette dotée de la plateforme «zoo monitor» servant à analyser le comportement des pensionnaires.

Analyse des comportements animaliers au Zoo: la techno à la rescousse

Les canicules, la proximité avec les visiteurs et les chantiers au Zoo de Granby affectent-ils le comportement des animaux? Le Zoo monitor, un outil technologique, permet de valider ces informations cruciales du bout des doigts. Le personnel peut ensuite apporter les correctifs pour que les pensionnaires se conduisent le plus possible comme dans leur milieu naturel.

Auparavant, le Zoo de Granby faisait appel à des étudiants universitaires pour analyser le comportement de certaines espèces. C’est chose du passé avec Zoo monitor. Un outil tout à fait objectif qui permet d’éviter l’anthropomorphisme, c’est-à-dire d’associer des réactions et des qualités humaines aux animaux.

«Parfois, on peut recevoir des commentaires, autant du grand public que de gens à l’interne. C’est bien, mais on veut avant tout baser nos observations sur des faits et non sur des interprétations», a indiqué en entrevue le directeur des soins animaliers du parc zoologique, Karl Fournier.

En fait, le logiciel, développé par une autre institution zoologique, est si convivial que «presque n’importe qui» pourrait l’utiliser, a fait valoir le représentant du Zoo. Généralement, des techniciens en soins animaliers recueillent les données.

On doit d’abord entrer dans le système une liste de comportements attendus sur une espèce spécifique, de même qu’un diagramme de son environnement. Une fois devant l’habitat de l’animal avec la tablette électronique dans laquelle est intégré le logiciel, il suffit de le démarrer. Un avertisseur sonore retentit toutes les 10 secondes. La personne n’a qu’à cliquer sur le comportement observé et le programme génère ensuite des graphiques précis.

Efficacité et flexibilité

Le Zoo de Granby a pu obtenir cet outil technologique gratuitement, car il fait partie de l’Association nord-américaine des zoos et aquariums. Outre le gain de temps considérable, «zoo monitor» permet une plage diversifiée d’utilisation. «C’est exponentiel. On l’utilise avec de plus en plus d’espèces», a mentionné Karl Fournier.

Un des buts du Zoo de Granby est de réaliser des analyses comportementales aléatoires chez tous les pensionnaires. Mais pour le moment, faute de temps et de personnel, les interventions sont ciblées. Certaines ont eu lieu lors des récents chantiers pour l’ajout d’infrastructures.

«Avec quelques espèces, on a fait des observations avant le début des travaux et pendant. On voit tout de suite s’il y a un stress chez l’animal et on peut agir rapidement pour corriger la situation», a fait valoir le directeur des soins animaliers.

La plateforme sert aussi durant l’introduction de nouveaux individus. Ce fut le cas lors de l’arrivée, l’an passé, d’un ours provenant de l’Europe. «Le Zoo a voulu être très proactif. Dès son introduction chez nous, on a évalué son comportement en le plaçant en quarantaine. On a fait la même chose dans son nouvel habitat. L’ours vivant un stress, ce qui a modifié son comportement. On l’a décelé tout de suite avec le Zoo monitor. On a fait plus de stimulus et tout est rentré dans l’ordre», a expliqué Karl Fournier.

La proximité de certains animaux avec les visiteurs, dans des conditions particulières, peut également poser problème. «Lors de la naissance de deux bébés jaguars l’an passé, on a dû isoler le mâle pour éviter qu’il s’en prenne à eux. Lors de notre analyse, on a constaté que la présence des visiteurs semblait le déranger. On l’a simplement amené dans un autre endroit pour régler le problème.»

Mardi, le logiciel a permis d’observer les tigres pour tenter de déceler des failles dans le comportement d’une femelle, entre autres. «On veut des animaux qui ont des comportements propres à leur espèce, a indiqué Karl Fournier. Et on a un outil très performant pour y arriver. Au final, le bien-être animal demeure notre priorité.»